Le Temps: Selon vous, que va-t-il se passer en cas de oui au vote du 26 novembre?

Yvan Perrin: On ouvre la vanne et on n'aura plus qu'à regarder passer pendant dix ans les centaines de millions. Mais l'UDC sera extrêmement vigilante et nous allons voir combien de milliards seront dépensés en fin de compte. Les partisans auront beaucoup de travail pour expliquer comment leur milliard aura fait des petits. Surtout si l'embellie conjoncturelle devait ne pas durer.

- Et en cas de non?

- Le 27 à midi, le Conseil fédéral revient avec son projet originel et on annonce à Bruxelles que les fonds seront versés comme prévu. Si l'UDC obtient la compensation complète, elle ne retournera pas au référendum.

- Pensez-vous que le Conseil fédéral arrivera mieux à s'entendre sur le financement qu'il ne l'a fait pendant deux ans de tergiversations?

- C'est le Conseil fédéral et lui seul qui a proposé de partager la compensation par moitié entre l'Economie et les Affaires étrangères, et qui a tenu cette position pendant deux ans et demi. A mesure que la date butoir approchait, on s'est rendu compte que c'était effectivement irréaliste et qu'on risquait de prendre à ceux qui en ont le plus besoin.

- La Côte-aux-Fées, où vous vivez, est jumelée avec un village roumain. Vous ne trouvez pas justifiable d'aider ce pays encore très en retard sur l'Europe, comme la Bulgarie?

- L'aide est défendable, mais il faut oser le dire clairement et ne pas se contenter de signaler que cette loi permettrait éventuellement des versements à la Bulgarie et à la Roumanie.