A Nyon, on le surnomme le mur de la honte. Une barre à l’architecture emblématique des années 1960, onze étages pour 176 logements en béton gris et rose. Dans le quartier nord de la ville, entre la sortie de l’autoroute et l’hôpital, l’immeuble de la Suettaz est voué à disparaître. Il y a trois ans, on le déclarait trop vétuste pour être rénové. En avril dernier, le Conseil communal validait un projet de quatre nouveaux bâtiments pour 387 appartements, dont les trois quarts seraient à loyers abordables.

Sur le fond, tout le monde s’accorde sur la déconstruction du bâtiment et la reconstruction d’appartements à loyers modérés, mais la forme coince. Le nouveau projet nécessiterait l’abattage de 66 arbres. Un comité référendaire a réussi à récolter 2500 signatures, les Nyonnais voteront dimanche.

Des îlots de chaleur

Sur le plateau de Nyon Région Télévision débattent Sacha Soldini, du comité référendaire Nyon Demain, et Chloé Besse, coprésidente de l’association Oui à la Suettaz. «Nous sommes opposés à densifier de cette manière, soit un étalement urbain au profit d’espaces de plein air, déclare le premier. A l’heure où l’on parle de réchauffement climatique, il faut s’en préoccuper, on voit qu’il peut y avoir de grandes différences de température en période de canicule notamment», alerte celui qui porte les couleurs de l’UDC au Grand conseil vaudois. Chloé Besse, du Parti socialiste, veut une ville «où les habitants peuvent se loger à prix abordable, où il y a du vivre ensemble et où un accent particulier est mis sur l’environnement et la biodiversité». C’est ce que propose selon elle le projet de la Suettaz, soutenu par le Conseil communal et la municipalité.

Une opinion: Le citoyen face à la densification urbaine et la transition énergétique

Dans l’immeuble actuel, une soixantaine d’appartements ont déjà été vidés: les habitants craignent que le référendum ne retarde trop les choses. Le comité référendaire répond qu’un tel quartier est construit pour plusieurs générations et qu’il vaut donc mieux y réfléchir soigneusement avant de se précipiter. «Il faut exploiter la hauteur plutôt qu’étaler quatre bâtiments sur la quasi-totalité du terrain, avancent ses initiants. Deux tours permettraient de conserver les espaces extérieurs et la végétation actuelle.» Réponse dimanche.

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