Très jeunes professionnels, se prévalant d'un petit nombre de réalisations, ayant installé leurs bureaux depuis peu, ce sont eux pourtant qui défendront les couleurs de l'architecture romande sur le futur campus de la Paix. IPAS architectes - Michel Egger, Eric Ott et Salvatore Chillari - établis à Neuchâtel, construiront la maison centrale. Les Genevois Simon Lacroix et Hiéronyme Chessex se chargeront de la résidence des étudiants. Leur responsabilité: donner une image et une forme à ce qui reste, pour l'heure, un concept nouveau; construire des bâtiments de portée internationale, à haute valeur symbolique.

«Objet non identifié»

L'ancien secrétaire d'Etat Charles Kleiber, pilote de «cet objet non identifié», ne se montre pas peu satisfait de revenir à sa profession première et de se trouver, par la grâce de ce chantier, en position de «produire de l'architecture».

De forme à peu près triangulaire, la zone concernée par le campus s'ouvre par un portique d'accueil - objet d'un futur concours - en bordure de la place des Nations. Elle traverse le parc Rigot, puis le site de Sécheron et débouche enfin sur la Perle du Lac.

Avec un budget prévisionnel de 122 millions, la Maison de la paix représente le gros morceau d'une opération qui devrait coûter au total entre 180 et 190 millions. Membre de l'équipe IPAS lauréate, Eric Ott explique: «Nous avions à concevoir un projet de 22000 m2, destiné à 2000 personnes, sur une surface plutôt réduite mais entourée de vastes espaces naturels. Nous avons choisi de faire dialoguer l'ouvrage avec les parcs qui l'entourent plutôt qu'avec le milieu urbain. D'où l'idée de cette forme particulière, qui évoque une feuille, conférée aux quatre bâtiments composant l'ensemble.»

Le jury avait eu à se prononcer sur une cinquantaine de projets - treize genevois, douze zurichois, six vaudois, sept en provenance d'autres cantons et le restant de l'étranger. Faible participation s'agissant d'un concours prestigieux. C'est que l'abandon du projet lauréat d'un premier concours, suite au changement de maître d'ouvrage et à la modification du dessein général, a dissuadé beaucoup de collègues de présenter un dossier.

Les logements d'étudiants ont fait l'objet, eux, d'un mandat d'étude parallèle et d'une procédure sur invitation ne mettant en lice que quatre équipes. D'un tracé élégant, le projet Lacroix-Chessex choisi (7800 m2, d'un coût de 23 millions), reprend l'arrondi du parking qui desservira le bâtiment, souligne le mouvement des voies du chemin de fer proches et offre à ses occupants de vastes vues sur les parcs, le lac et des Alpes. Une future passerelle reliera la résidence à la Maison de la paix.