Des observateurs neutres devraient surveiller la votation du 24 novembre sur l’avenir institutionnel de la région jurassienne afin de renforcer la confiance de la population dans ce scrutin. Les deux cantons de Berne et du Jura déposeront une requête à la Confédération dans ce sens.

En présentant lundi à Berne ce scrutin, le Conseil-exécutif a dit attacher la plus grande importance à son bon déroulement. Afin de garantir celui-ci et d’éviter d’éventuelles irrégularités susceptibles de faire l’objet de recours devant le Tribunal administratif ou le Tribunal fédéral, le gouvernement bernois a pris d’autres mesures.

Il a ainsi modifié l’ordonnance sur les droits politiques pour éviter que les enveloppes des votes par correspondance soient traitées avant le dimanche. En temps normal, les communes traitent les enveloppes-réponses dès le premier jour de l’ouverture des urnes, soit le vendredi ou le samedi, selon les communes.

La nouvelle disposition permet au gouvernement bernois de limiter cette marge de manoeuvre de telle sorte que ces enveloppes ne puissent être ouvertes avant le début du décompte des voix, soit le jour du scrutin, a indiqué le gouvernement. Elle entrera en vigueur le 1er août.

Troisième mesure concrète prise par l’exécutif bernois, la formation du personnel communal et des responsables des bureaux de vote. Ceux-ci seront instruits et formés spécifiquement en fonction du scrutin du 24 novembre afin d’éviter erreurs et irrégularités.

Sur le fond

Le gouvernement bernois souligne qu’il ne s’agit pas d’une votation à caractère uniquement consultatif. En décidant de donner ou non au Conseil-exécutif le mandat d’engager un processus tendant à la création d’un nouveau canton réunissant les territoires du Jura bernois et du canton du Jura, la population est appelée à décider sur le fond, a déclaré devant la presse Philippe Perrenoud, président de la Délégation du Conseil-exécutif pour les affaires jurassiennes.

Selon lui, la population du canton de Berne percevra cette décision comme l’expression de la volonté populaire, à savoir un avenir dans le canton de Berne ou un avenir dans un canton nouveau à créer. Et il en ira de même pour l’opinion publique suisse, a-t-il ajouté. «Personne ne partira de l’hypothèse que la population du Jura bernois n’aurait fait qu’avaliser un processus qui l’appellerait à décider ultérieurement de son avenir.

Le choix de la continuité

En fait, un oui le 24 novembre n’ouvrirait la voie qu’à la création d’une assemblée constituante chargée de tracer les contours d’un nouveau canton. Une nouvelle votation de la population concernée puis du peuple suisse serait de toute façon encore nécessaire. Mais pour le gouvernement bernois, le vote du 24 novembre représente bien un choix historique qui engage l’avenir non seulement du Jura bernois mais aussi celui des cantons de Berne et du Jura.

Dans ce contexte, le gouvernement bernois a tenu à rappeler la portée du vote du 24 novembre. Il invite la population jurassienne bernoise à faire le choix de la continuité en demeurant partie prenante de la communauté d’intérêt bernoise.