Sa nouvelle foi fiscale défraie la chronique depuis bientôt deux mois. L'élection du gouvernement d'Obwald, elle, s'est faite quasi dans l'anonymat, mardi. Pour cause. Il s'agissait d'une élection tacite, faute de candidats. En effet, cinq politiciens, dont quatre déjà en exercice, se sont profilés pour les cinq postes en jeu. Et comme le veut la loi cantonale dans pareille situation, les volontaires ont été acceptés. Les élections du 12 mars devraient donc être réservées au renouvellement du Grand Conseil (actuellement: 21 PDC, 11 PRD, 8 PCS, 8 PS et 7 UDC).

Obwald, d'ordinaire si discret, a surpris avec sa réforme fiscale; sa tradition politique peut rivaliser d'originalité. Ses citoyens élisent leurs ministres – surtout issus des rangs démocrates-chrétiens et chrétiens-sociaux – via les urnes depuis 1999 seulement. Précédemment, on se réunissait sur la place centrale pour participer à la traditionnelle Landsgemeinde. «Lors d'un tel rassemblement, il s'agissait déjà de dire si tel ou tel candidat ne convenait pas. Et non de l'élire à main levée», observe Urs Wallimann, porte-parole (Landschreiber) du gouvernement. «En ce sens, rien n'a changé.»

L'absence d'adeptes peut surprendre, même dans un demi-canton de 33000 habitants. Les conseillers d'Etat assument leur fonction politique de manière professionnelle, c'est-à-dire à 100%, depuis 2002 seulement. Précédemment, leur engagement public prenait 80% de leur temps.

Pas de candidat sauvage

A cette date, leur nombre a aussi été revu à la baisse, passant de 7 à 5. «Cela explique aussi les candidatures peu nombreuses. On n'a pas envie, par sécurité, d'abandonner une carrière professionnelle», explique un journaliste de la région, «et Obwald n'a pas une tradition de candidatures sauvages». Mais cela ne préjuge en rien de la valeur des débats politiques, assure-t-il. Il y a des idées, et on les défend.

Autre explication, les socialistes, défaits en 2002, ont décidé de ne pas se lancer dans la lutte au gouvernement. Le PS obwaldien, principal mouvement d'opposition, est apparu en 1998, succédant aux «Demokratischen Obwalden». Mieux vaut se concentrer sur les 8 sièges à défendre au Parlement, estime-t-on du côté de ce «jeune» parti.

Le député Beat von Wyl explique, très conciliant, cette retenue: «Les radicaux doivent avoir une place au vu de leur électorat. Nous tenions simplement à ce que cela soit une femme; c'est le cas.» Il faut aussi dire que, pour la gauche, l'épisode de la loi fiscale pourrait coûter cher. Même si la section cantonale, opposée à cette réforme, a toujours dit «accepter la volonté du peuple», l'intervention au niveau national – et surtout la position du président Hans-Jürg Fehr – n'a pas plus à tous les Obwaldiens, loin de là.

Dans un parti comme dans l'autre, l'image de canton opportuniste, primitif et hostile aux influences héritées ces dernières semaines est déplorée. «Le portrait de l'Obwaldien arborant une barbe et son costume traditionnel doit être revu», s'exclame la nouvelle conseillère d'Etat radicale Esther Gasser. «Nous sommes attachés à notre terre mais cela ne nous empêche pas d'être dynamiques.»

Un couac à l'UDC

Avant de poursuivre: «Les commentateurs ont souvent oublié que cette nouvelle loi fiscale était aussi, voire d'abord, pensée pour les bas revenus.» Alors, avec ou sans Josef Zisyadis – qui a trouvé des volontaires pour recourir au Tribunal fédéral –, on veut croire en l'avenir et faire fi des qualificatifs de «cirque» ou «cabaret» parfois entendus ou lus durant ces derniers jours.

Et pourtant. Lundi, l'UDC, au parlement depuis 2002, a connu une péripétie guère reluisante. Sa section du district de Giswil a déposé sa liste pour le Grand Conseil – qui comprenait le président cantonal – avec trente minutes de retard. Résultat, elle n'a pas été enregistrée. Le parti a déposé un recours auprès du gouvernement qui devrait se prononcer d'ici à la fin de la semaine.