Suisse

«Œil pour œil», le cri de vengeance d'Aicha Kadhafi

La fille du leader libyen est accourue à Genève pour dénoncer le «comportement raciste» des autorités suisses.

«Œil pour œil, dent pour dent, celui qui a commencé a tort.» C'est par ces mots vengeurs qu'Aicha Kadhafi, fille du colonel Kadhafi, termine sa déclaration, avant de disparaître dans un ballet de gardes du corps et de Mercedes noires, en esquivant toute question.

Avocate internationale, âgée de 31 ans, la fille du leader libyen semble être venue spécialement à Genève pour faire entendre la colère de sa famille. L'ambassade de Libye, jusqu'ici muette, avait sonné le rappel des rédactions. «Docteur Aicha» donnerait une conférence de presse à 18h à l'Hôtel Président Wilson, celui-là même où se sont produits les faits qui ont valu à son frère de passer deux nuits au violon.

Dans le hall glacé du palace, on poireaute en observant sans trop les comprendre les allées et venues de tout un personnel libyen pendu au téléphone portable d'où viennent visiblement ordres et contre-ordres. Au bout de trois quarts d'heure, l'avocate finit par faire une arrivée théâtrale à l'hôtel. Dans le lobby, sans présentation ni introduction, elle prononce une allocution en arabe traduite en français par une collaboratrice.

Robe sombre et voile sur ses cheveux blonds, l'air sévère, elle répète d'abord la thèse soutenue par son frère et sa belle-sœur: tout cela n'est qu'un complot minable des employés pour pouvoir demander l'asile en Suisse. Elle critique ensuite durement l'intervention «illégale» de la police: «30 hommes tous armés, qui ont cassé des portes et terrorisé un garçon de quatre ans.» Elle y voit un comportement raciste contre les Arabes. Si l'on s'en prend à son frère, c'est uniquement parce qu'il est le fils de Mouammar Kadhafi, celui qui a soutenu la quête de liberté de son peuple et dit non à l'impérialisme. Ce laïus débouche encore sur une évocation quelque peu confuse de «nos frères maghrébins qui périssent pour arriver sur les plages suisses».

Publicité