Les sanctions que la Suisse a décidé d'édicter contre le Tchad, à la suite de l'affaire du Pilatus armé, n'étaient pas que des menaces. Elles ont déjà été appliquées. Plusieurs personnalités tchadiennes qui souhaitaient venir en Suisse ont tout récemment dû renoncer à leur projet: la Confédération a refusé de leur délivrer des visas. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) confirme l'information.

Impossible en revanche de savoir qui sont ces personnalités et ce qu'elles comptaient faire en Suisse. Seule certitude: il ne s'agissait pas d'officiels qui voulaient venir dans le cadre d'une mission auprès des organisations internationales. «A la suite de l'utilisation abusive d'un avion Pilatus par les forces armées tchadiennes, le Conseil fédéral a adopté des mesures à l'égard du Tchad, y compris la restriction de l'octroi de visas officiels, sous réserve des obligations de la Suisse en tant qu'Etat hôte d'organisations internationales», précise Jean-Philippe Jeannerat, le porte-parole du DFAE. Ainsi, seuls les «visas d'entrée en Suisse demandés pour d'autres raisons que celles relevant d'une mission dans le cadre de la Genève internationale ne sont pas octroyés.»

Trafiquant d'armes contacté?

Selon nos informations, ces Tchadiens souhaitaient se rendre en «mission officielle» à Bâle. Un site internet de l'opposition tchadienne affirme qu'une délégation conduite par le nouveau Directeur du cabinet présidentiel était récemment en route pour la Suisse, via Paris. Pour remettre un titre de Consul honoraire du Tchad à un citoyen suisse «trafiquant d'armes», qui les aiderait à obtenir d'autres Pilatus dans le but de les armer, stipule le site. Et d'ajouter: «Bien que munie d'un ordre de mission, avec mention «Mission officielle» signée de la propre main du président Deby, la délégation s'est vu refuser net le visa d'entrée en Suisse.»

Ni le DFAE, ni le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), chargé du contrôle à l'exportation, n'ont d'informations au sujet de cette supposée «filière». Le Seco insiste en revanche une nouvelle fois sur le fait qu'il n'y aura plus d'autorisations officielles pour exporter des Pilatus vers le Tchad.