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Le libéral-radical Olivier Français remporte 78 068 voix.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Elections au Conseil des Etats

Olivier Français porté par une union sacrée de la droite

Le candidat PLR Olivier Français remporte un siège au Conseil des Etats, provoquant l'éviction du Vert Luc Recordon. Le Lausannois forme le nouveau duo vaudois à la chambre haute aux côté de la socialiste Géraldine Savary

Le PLR voulait «écrire l’histoire de la reconquête» d’un siège par la droite au Conseil des Etats. Il a crié victoire dimanche: Olivier Français est élu à la Chambre haute, créant l’événement du jour.

Avec 78 068 voix (51,7%), il provoque la chute de Luc Recordon (74 972 voix, 49,6%). Géraldine Savary reste la plus populaire des élus Vaudois avec 53,9% voix (81 469). La participation est en berne: 37%, contre 43% au premier tour.

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Cela n’a pas empêché Olivier Français d’obtenir une double satisfaction: celle de mettre fin à huit ans de domination de la gauche vaudoise au Conseil des Etats. Et celle d’obtenir un score confortable, confirmant une dynamique victorieuse pour le PLR dans le canton, après des années d’érosion.

Ce n’était pas joué d’avance. La tension était palpable dimanche en début d’après-midi au secrétariat général des libéraux-radicaux. On prédisait une bataille «dans un mouchoir de poche». L’euphorie a grimpé à mesure que les résultats, commune par commune, rendaient la victoire tangible.

Même une fois connus le score de Lausanne - la capitale vaudoise reste un bastion de la gauche – Olivier Français conservait une avance de plus de 2200 voix sur son adversaire écologiste. Au final, il le bat avec 3096 voix supplémentaires.

La poussée des libéraux-radicaux dans le canton le 18 octobre (le PLR a obtenu un cinquième siège au Conseil national, devenant le premier parti vaudois avec 26% des voix) a créé un élan favorable au Lausannois.

Olivier Français a bénéficié du report de voix de l’électorat UDC. Il n’avait pas obtenu le soutien officiel du parti agrarien, mais il était assuré de l’essentiel: l’UDC ne présentant aucun candidat, il était le seul prétendant de la droite face au duo de gauche.

Et en dépit du mot d’ordre du parti, les ténors vaudois de l’UDC tels que Guy Parmelin (candidat au Conseil fédéral) et Claude-Alain Voiblet n’ont pas manqué d’appeler à voter pour lui, aidés par les déclarations d’Oliver Français en faveur d’un second siège UDC au Conseil fédéral.

«Il y a eu une forme d’union sacrée», observe Eric Rochat, directeur de campagne du PLR vaudois. Les résultats montrent une progression générale de la droite dans les campagnes et les communes entre 5000 et 10 000 habitants, une tendance observée dans toute la Suisse.

Lire l’éditorial: La nouvelle force de frappe

Les milieux économiques se sont largement mobilisés en faveur du Municipal lausannois. Mais Olivier Français lit aussi dans ses résultats la «reconnaissance du milieu agricole», qu’il a soigné à plusieurs reprises. «Ils m’ont soutenu car ils ont vu comment je travaille à Berne», dit-il.

Au sein du PLR, on décrit un élan plus important que d’ordinaire. «J’ai fait ma première campagne en 1985, c’est la première fois que je sens un tel dynamisme sur le terrain. Nous sommes sortis des salons feutrés pour aller à la rencontre de la population», estime Jean-François Steinmann, coordinateur de la campagne du président du parti Frédéric Borloz, élu au National le 18 octobre.

Aux yeux de Catherine Labouchère, le PLR récolte les fruits de la fusion entre libéraux et radicaux, opérée en 2009: «Les jeunes se reconnaissent dans cette nouvelle dynamique». On constate aussi au sein du parti que la fusion a été favorable au financement de la campagne, permettant une centralisation de dons auparavant éparpillés entre libéraux et radicaux.

Olivier Français n’était pourtant pas parti dans la course dans des conditions favorables. Il avait annoncé sa candidature après que les conseillers d’Etat vaudois PLR, Pascal Broulis en tête, aient renoncé à se lancer.

Le nouveau sénateur ne peut réprimer un sourire satisfait en pensant à ceux qui le prenaient pour «l’escalope de troisième choix», d’après ses propres termes. Plus pragmatique que charismatique, cet ingénieur est connu pour sa paternité dans les chantiers du M2 et du M3 à Lausanne. La victoire a un goût de revanche pour ce politicien à la susceptibilité notoire: «On a estimé que mes compétences se bornaient au sport et aux tunnels, c’était mal me connaître», a-t-il répété en boucle dimanche.

Lire aussi le portrait d’Olivier Français

L’enjeu, pour le PLR, va au-delà des élections fédérales: le parti compte bien capitaliser sur une dynamique favorable à la droite lors des prochains rendez-vous électoraux. La bataille pour les communales commence «dès maintenant», affirme Olivier Français.

Le parti ose rêver dès maintenant à une reconquête en 2017 du Conseil d’Etat vaudois, où la gauche est majoritaire. «Le parti pourrait envisager de soutenir un UDC s’il voyait émerger un candidat compatible. Il ne peut y avoir de majorité de droite sans l’UDC», souligne Eric Rochat.

A Berne, la prochaine législature s’annonce corsée pour la gauche et pour Géraldine Savary en particulier, qui regrette déjà la perte de son partenaire: «Avec Luc Recordon, nous votions de la même manière à 95%».

Plusieurs dossiers s’annoncent difficiles, au rang desquels la fiscalité, les transports, les retraites et la transition énergétique. «J’espère qu’Olivier Français arrivera à privilégier l’intérêt de son canton au-delà de ses attaches partisanes», souligne Géraldine Savary.

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