conseil des états

Olivier Français: «Je sollicite un nouveau mandat»

Le sénateur vaudois a envie de rempiler, annonce-t-il au «Temps». Il est à disposition de son parti pour une législature supplémentaire

Conseiller national de 2007 à 2015, conseiller aux Etats depuis deux ans et demi, membre de l’exécutif de la ville de Lausanne de 2000 à 2016, le libéral-radical Olivier Français a pris sa décision: il sollicitera un nouveau mandat de sénateur aux élections fédérales de 2019. Il en explique les raisons.

Lors de son accession aux Etats: Olivier Français porté par une union sacrée de la droite

Le Temps: Vous siégez à Berne depuis 2007 et aurez bientôt 63 ans. Pourquoi sollicitez-vous un nouveau mandat de conseiller aux Etats?

Olivier Français: Mon parti m’a demandé de me positionner avant l’été. J’ai pris ma décision il y a déjà un mois et demi. J’ai fait un bilan personnel et constaté que, depuis que je suis au Conseil des Etats, j’ai pu toucher à des thèmes nouveaux pour moi, notamment des sujets de société. Je ne suis pas un politicien tout terrain, personne ne l’est d’ailleurs, mais je me suis retrouvé à approfondir une panoplie de problématiques beaucoup plus large et cela me fascine.

Par exemple la santé? Est-ce pour cela que vous avez accepté un mandat pour le compte du Groupe Mutuel alors même que le lobby des caisses maladie est de plus en plus décrié?

La santé est un domaine qui m’était complètement inconnu. Je participe à quatre séances par année dans le but de m’informer. En comprenant mieux les enjeux, j’ai pu déposer quelques interventions, dont une a même été acceptée par le Conseil fédéral.

Vos thèmes de prédilection restent-ils la sécurité et les infrastructures?

Oui. Les questions de défense et de sports relèvent du conseiller fédéral Guy Parmelin, qui vient du même canton que moi, ce qui est un avantage. Lors de la prochaine législature, des décisions fondamentales devront être prises pour la défense nationale. Il ne faudra pas répéter l’erreur commise avec le Gripen. Je me sens assez à l’aise dans ce dossier. Il s’agira par ailleurs de mettre en œuvre les décisions de financement du rail et de la route qui ont été prises. La cheffe du département, Doris Leuthard, va s’en aller. Il y aura une phase de transition. Or, je souhaite continuer à être l’acteur que j’ai été dans ces dossiers. Mon travail consiste aussi à aller sur le terrain comme je l’ai par exemple fait ces dernières années pour le contournement de Morges. Je continuerai d’expliquer aux élus de la région qu’ils doivent se mettre d’accord entre eux. Et j’ai beaucoup d’admiration pour le projet alternatif élaboré par un bureau d’ingénieurs pour l’A9 en Lavaux. Je compte le défendre à Berne.

N’avez-vous pas le sentiment de barrer la route à une candidature plus jeune ou à une femme?

En 2015, je m’étais dit que ce serait peut-être ma dernière législature et qu’il faudrait ensuite laisser la place aux autres. Mais la situation a changé: je n’ai plus la pression de Lausanne puisque j’ai quitté la municipalité en 2016. Il faut bien sûr préparer la relève. Si un jeune exprime le désir de devenir conseiller aux Etats, je serai prêt à en discuter. Mais pour l’instant ma position est claire: j’ai envie de poursuivre mon travail. Vous parlez d’une femme. La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro a dit très clairement qu’elle ne briguera pas ma place tant que je serai en fonction.

Vous avez commenté la polémique portant sur les rémunérations versées par Tridel en disant que certains cherchaient à en faire une «affaire politique». Ne craignez-vous pas qu’elle nuise à votre candidature?

Les audits ont démontré que je n’avais commis aucune erreur, puisque je n’ai pas accepté les 80 000 francs qui m’étaient proposés. Cet argent a été versé à des associations d’utilité publique et la municipalité leur a écrit pour leur dire qu’elle ne le réclamait pas. Je suis tout à fait à l’aise.

A ce propos: Tridel: le montant versé à Olivier Français aurait dû aller à Lausanne

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