VAUD

Olivier Français: le train à grande vitesse pour un siège au National

Le municipal lausannois, en guise de programme électoral, a présenté un projet de ligne rapide entre Lausanne et Berne. Ce sera la contribution suisse à l'axe est-ouest négligé.

Olivier Français rêve à 200 à l'heure. Ingénieur et candidat au Conseil national avec trois autres Lausannois - Christina Maier, Marc-Olivier Buffat et Gilles Meystre - sur la liste du Parti radical vaudois, le municipal invente une ligne à grande vitesse entre Lausanne et Berne, via Moudon et Payerne. La capitale fédérale ne serait plus qu'à une demi-heure du lac Léman. Sans passer par Fribourg. Tant pis. Les politiques doivent faire des choix, élaborer des stratégies, se justifie-t-il. Parfois, il est impossible de contenter tout le monde.

Armé de plans et simulations, il parie sur le transfert de la route au rail. L'écologie passe par des actions concrètes et réalisables. La conférence de presse convoquée mardi matin déroule un programme électoral vert pragmatique, un rien dans l'air du temps mais mieux que les autres. Il est aussi question de barrages sur le Rhône, entre Saint-Maurice et Villeneuve, au nom des énergies renouvelables. Toutefois, c'est le train qui tient la vedette. Souvenir du tramway qui reliait, jusqu'en 1963, Lausanne à Moudon. Et que maintenant on ressuscite en missile postmoderne.

Olivier Français voudrait voir filer à toute allure des locomotives et des trains ralentis aujourd'hui par des parcours étriqués. Pour ce faire, il faudra réaménager la ligne existante, la doubler, bâtir de nouvelles gares et percer deux tunnels, de Lausanne à Moudon et de Morat en direction de Berne.

Local et global

Après l'axe nord-sud, il est temps de regarder d'ouest en est. L'Europe court également de Lyon à Vienne. Pas seulement de Rome à Copenhague, via les transversales alpines. Olivier Français pense global et à long terme - horizon 2020 ou 2030 au mieux - mais n'oublie pas le local. La ligne imaginée désenclaverait la Broye, une région en retrait, morcelée entre Vaud et Fribourg, et la rapprocherait de son chef-lieu.

En guise de sponsor régional, Christelle Luisier, candidate broyarde au Conseil national, vient dire tout le bien qu'elle pense d'une liaison performante entre Payerne, où elle vit, et Lausanne, où elle travaille: les 57 minutes de RER seraient réduites à 15 par un tracé digne du TGV.

Le projet pourrait coûter un peu plus d'un milliard de francs. Aux Chambres fédérales d'en débattre et de monter un «business plan» raisonnable. Olivier Français souhaite surtout agiter la boîte à idées. Une campagne électorale sert à ça. Le concret, c'est pour plus tard, une fois achevés les projets en cours, le ZEB notamment - développement des infrastructures ferroviaire après Rail 2000.

Le Prométhée vaudois

Et la troisième voie entre Allaman et Renens? Le directeur des Travaux de la capitale vaudoise relativise son importance. Pour lui, il s'agit d'élargir le propos. De faire preuve d'audace. De façonner une solution qui dépasse le va-et-vient entre Lausanne et Genève.

Minorisé au sein d'une municipalité rouge-rose-verte, écarté de la candidature au Conseil d'Etat par son parti, Olivier Français prend de la hauteur. Malgré la présence de trois colistiers solidaires, l'homme des tunnels avance en solitaire éclairé. Son parti se dit intéressé, mais aussitôt préoccupé par la difficulté du financement. Le CFF ne font pas de commentaires.

Le radical affronte le monde en Prométhée vaudois qui voit plus loin, qui soumet la matière, qui provoque le sort. Contre vents et marées, il a creusé le tunnel de l'usine d'incinération Tridel. Il a parcouru en long et en large les galeries du M2. Il a projeté des funiculaires souterrains grimpant de la place de la Riponne à l'aérodrome de la Blécherette et à Sauvabelin, au nord de la ville. Bref, Olivier Français ne contourne pas l'obstacle, il passe à travers. En ligne directe vers le bonheur et vers un siège au National. Le plus vite possible. Comme dans les rêves.

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