Disparition

Olivier Guéniat, chef de la police neuchâteloise, est décédé

Le médiatique policier a été retrouvé mort à son domicile, annoncent les autorités du canton. Il aurait mis fin à ses jours

La police neuchâteloise et le ministère public neuchâtelois ont annoncé lundi la mort d'Olivier Guéniat, chef de la police cantonale et très médiatique spécialiste des questions de sécurité en Suisse romande. 

C'est avec une «sincère tristesse» que les autorités neuchâteloises annoncent le décès. Dans leur communiqué, elles précisent qu'Olivier Guéniat a été «retrouvé décédé à son domicile de Fresens/NE aujourd’hui en début d’après-midi». «Le ministère public a ouvert une enquête pour déterminer les causes et les circonstances de ce décès. L’intervention d’un tiers semble exclue et tout laisse penser que le défunt a mis fin à ses jours.»

Le communiqué ajoute: «Si ce n’est pas ici le lieu de faire l’éloge d’Olivier Guéniat, il faut toutefois souligner que sa disparition a créé une vive émotion au sein de la police et des autorités de poursuite pénale comme sa personnalité avait laissé une vive admiration et une très large sympathie.»

Olivier Guéniat était un habitué des médias et l'interlocuteur de référence pour tout ce qui touchait les questions policières en Suisse romande, et ce depuis des années. Claude Nicati, ancien conseiller d'Etat et juge d'instruction neuchâtelois, se souvient d'un vrai policier qui était «l'inverse du commissaire bourru»: «C'était le scientifique qui cherchait à aller au bout, qui avait une réponse intelligente à à peu près toutes les questions posées. Il était très agréable, on n'a jamais eu de frictions.»

Olivier Guéniat avait brièvement occupé le poste de commandant de la police jurassienne, dans le cadre du projet de fusion des deux polices cantonales. 

Lire aussi: Une seule police pour Neuchâtel et le Jura? (Le Temps, 5 septembre 2013)

Le projet a fini par être ajourné en 2013 et Olivier Guéniat avait rejoint son corps d'origine, la police neuchâteloise, dont il était devenu commandant. Il se distinguait par des positions considérées comme «progressistes», dans un univers plutôt conservateur. Il avait ainsi plaidé pour la dépénalisation du cannabis. «Nous avons déjà fait le deuil de l’abstinence, il faudra faire le deuil de la prohibition», expliquait-il en envisageant à terme la dépénalisation de toutes les drogues ou presque. Ce qui ne l'empêchait pas de mettre en garde contre la progression de la métamphétamine dans son canton. 

Lire aussi: «Le cannabis est moins nocif que l'alcool», interview d'Olivier Guéniat dans Le Temps, 23 mars 2016

Docteur en criminologie et en Sciences forensiques, il avait longtemps tenu un blog pour l'Hebdo puis pour Le Temps, baptisé Polisse.

Né en 1967 à Porrentruy (JU), Olivier Guéniat était un expert des questions liées aux drogues, rappelle l'agence ATS. Il était l'auteur d'une thèse de doctorat intitulée «Le profilage de l'héroïne et de la cocaïne - les méthodes d'analyses, la modélisation du concept du profilage, la gestion et l'exploitation des liens». Il avait aussi acquis une renommée en Suisse avec ses analyses sur la délinquance des jeunes.

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