Justice

Olivier Jornot fustige les excès des cow-boys de la brigade des renvois

Excès filmés, propos graveleux, interpellation musclée, le Ministère public estime que «quelque chose ne tourne pas rond» chez ces assistants de sécurité publique. La défense des cinq prévenus a plaidé l’acquittement. Récit d’audience

«Ce sont des choses qu’on ne devrait jamais voir.» Au procès des cinq agents de la brigade des renvois, le procureur général Olivier Jornot a requis la condamnation de cette équipe qui a «largement oublié le principe cardinal de la proportionnalité». Traquenard et rodéo pour interpeller un étranger en se donnant quelques frissons, vidéos trahissant un climat délétère et irrespectueux envers les mendiants, le Ministère public estime que «quelque chose ne tourne pas rond» chez ces membres du corps de police. Pas du tout, rétorquera la défense en contestant à l’unisson tout abus d’autorité. «Ils ont bien fait leur travail», insiste Me Robert Assaël, en dénonçant l’emballement du parquet.

«Comportements indignes»

De ces fameuses vidéos, réalisées souvent en douce par le prévenu le plus lourdement chargé, l’accusation a donné d’autres exemples à l’occasion de son réquisitoire. Certaines des images ne trahissent pas une infraction pénale mais en disent long sur la mentalité des assistants de sécurité publique impliqués. Par exemple, T. a filmé deux Africains placés dans une salle d’audition, à qui on glisse une photo de femme nue sous la porte avant de rire de leur réaction.