Le dimanche soir, c’est karaoké au pub de la gare d’Appenzell. Dans une épaisse fumée de cigarettes, les jeunes du coin s’époumonent sur des chansons allemandes, les fioles de Jägermeister s’empilent sur les tables, chacun se connaît et les étrangers ne passent pas inaperçus, surtout quand ils parlent français et posent des questions sur le coronavirus. La réponse est cependant invariablement la même: non, je ne suis pas vacciné. Se tester, oui. Se vacciner, non. Car à Appenzell – et ça ne date pas d’hier – on n’aime ni les médecins, ni les vaccins. Et encore moins les injonctions de l’extérieur.