genève

On disait les Verts finis, ils sont bien vivants

Les communes déjouent les sombres pronostics

On disait les Verts finis, ils sont bien vivants

On leur prédisait l’enfer, ils se retrouvent au purgatoire. Après la sévère fessée administrée aux Verts zurichois, personne ne donnait cher des Verts genevois. Le nucléaire, le réchauffement climatique et l’anticonsumérisme auraient fait leur temps: vraiment pas sexy. Et pourtant, la surprise était dans les urnes, des communes à tout le moins. Puisque à l’heure où nous mettons sous presse, les résultats du conseil municipal de la Ville de Genève ne sont pas encore connus.

Dans les exécutifs communaux, les magistrats sortants ont été élus ou devraient l’être au second tour. Nicolas Walder à Carouge, Ruth Bänziger à Onex (un score qu’Eric Stauffer, bon joueur, a qualifié «d’époustouflant»), Yvan Rochat à Vernier, Pierre-Alain Tschudi à Meyrin – il arrive même en tête. Au Grand-Saconnex, les Verts placent pour la première fois l’un des leurs, Laurent Jimaja. Et à Lancy, le Vert sortant François Baertschi place son poulain Damien Bonfanti, qui arrive second.

Du coup, ce n’est pas seulement la jeunesse qui met le rouge aux joues de Lisa Mazzone, la jeune (26 ans) présidente des Verts genevois: «Là où on a mis en place des projets, la population nous soutient et nous plébiscite, affirme-t-elle. Meyrin en est le meilleur exemple: Le projet d’aménagement des Vergers est une réussite, en terme d’aménagement, de quartier vert, de mobilité douce, de loyers abordables avec beaucoup de coopératives d’habitation. Les habitants ont été consultés, c’est la clé du succès. De son côté, Lancy a doublé ses places de crèches. Les électeurs l’ont reconnu.» Car Lisa Mazzone en est persuadée: la clé du succès réside dans un programme d’écologie politique qui soit directement mesurable sur le quotidien des gens. Mais c’est aussi la démonstration que l’alliance rose-verte a fonctionné, comme à Onex, Carouge, Lancy et Vernier.

«Le travail a payé»

Pour Esther Alder, qui tient fièrement la troisième position au conseil administratif de la Ville de Genève devant la bouillante socialiste Sandrine Salerno, c’est «la preuve que le travail a payé, que la population a reconnu des bilans, pragmatiques, alliant environnement et social.» Sourire modeste, elle ajoute: «Nous avons fait la preuve que les Verts ne sont pas de doux rêveurs. Même si la presse n’a pas été très tendre avec moi.» Pour le second tour, elle se dit favorable à une liste à quatre, «car les divisions ne profitent pas à la gauche», estime-t-elle, observant la huitième place de Rémy Pagani (Ensemble à Gauche).

L’effet «bilan de magistrature» ne suffit toutefois pas à colorer tous les conseils municipaux vers le vert. Ce parti maintient le nombre de ses sièges dans des communes comme Carouge, Chêne-Bougeries, Lancy. Il en gagne deux à Meyrin, passant de cinq à sept élus. Mais en perd en revanche à Versoix et à Onex et n’atteignent pas le quorum à Veyrier, «où nos élus n’ont pas résisté aux bisbilles.» On verra si la Ville de Genève confirme cette demi-teinte.

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