Le Temps: Les avantages fiscaux accordés par la Suisse à l'AMA ne représentent-ils pas une concurrence déloyale?

Jean-Jacques Schilt: Pas quand on voit ce qu'offrent les autres candidats: de superbes maisons, des loyers payés à perpétuité. Pour avoir déjà eu l'occasion d'aller défendre des candidatures lausannoises, je vous assure que les limites que nous nous donnons sont contraignantes. Je défie quiconque de nous accuser de surenchère. Qu'avons-nous offert aux fédérations sportives internationales qui se sont installées à Lausanne? Un an de loyer, rien d'autre. Du reste, les avantages financiers et fiscaux ne font pas tout. Pour la Fédération aéronautique internationale, qui a fini par choisir Lausanne, Monaco offrait presque tout. Je crois que les éléments décisifs sont le rassemblement de toutes les organisations sportives et les témoignages satisfaits de celles qui sont déjà installées. Peut-être aussi une lettre de recommandation de Juan Antonio Samaranch. Ça, c'est vrai, nous sommes les seuls à l'avoir.

– Lors de la malheureuse candidature sédunoise aux JO, vous disiez que la Suisse, ayant déjà le CIO, pouvait donner l'impression de vouloir tout avaler. Ne peut-on pas faire la même analyse cette fois?

– C'est le problème! Nous sommes un petit pays et, à l'extérieur, certains pensent qu'on veut tout. Le paradoxe, c'est qu'ici-même on n'a pas conscience de cela. Mais Lausanne ne pouvait pas laisser passer l'occasion. Genève s'est spécialisée dans l'accueil des organisations internationales, nous le faisons pour les institutions sportives et nous cherchons à renforcer ce pôle.