Le Temps: Comment percevez-vous ce projet de compagnie unique des transports publics vaudois?

Claude Oreiller:Nous sommes encore en train d'optimiser les synergies qui résultent de la fusion de 1999. Nous avons atteint un bon niveau d'efficience dans le Chablais, qui correspond au bassin de transports d'Aigle selon le découpage du Conseil d'Etat vaudois. Nous ne voyons donc pas l'utilité d'étendre la fusion à d'autres compagnies vaudoises puisque nous couvrons notre région. Toutefois, nous prêtons fortement attention à ce projet. Je crois plus à des collaborations ponctuelles entre les compagnies sur des sujets précis. Dans le cadre de la convention collective de travail (CCT), plusieurs compagnies vaudoises se sont mises d'accord par exemple.

- Vous ne pensez donc pas qu'un réseau de transports vaudois global puisse apporter aux TPC des avantages, notamment économiques?

- Je n'en suis pas certain dans la mesure où nous avons déjà procédé à une rationalisation au sein des TPC. Nous sommes maintenant à l'unité près en terme de force de travail et il me semble que nous ne pouvons pas aller au-delà. Au niveau de l'entretien des véhicules ou des voies, certains avantages pourraient peut-être être dégagés. Mais, à la longue, la gestion des infrastructures d'un tel réseau coûterait trop cher.

- Y aurait-il plus à y perdre?

- Nous connaissons bien la région que nous desservons. Une organisation suprarégionale perdrait peut-être de vue les besoins de ces marchés locaux. Nous organisons, par exemple, des transports scolaires spéciaux, ou pour les sports d'hiver. Dans une plus grande structure, on pourrait craindre de ne plus être entendu.

- Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de toucher des subventions?

- Ces subventions s'inscrivent dans la logique confédérale de l'égalité des chances. Au nom de la solidarité, nous pouvons ainsi proposer des transports à des heures parfois creuses. Dans cette optique nous négocions des mandats de prestations avec les cantons de Vaud et du Valais ainsi qu'avec l'Office fédéral des transports.