Les taxis genevois n’auront finalement pas congestionné le trafic de l’aéroport de Genève, comme prévu originellement. Ce lundi matin, peu après 8h00, les chauffeurs ont préféré tenter d’«envahir» quelques axes importants du centre-ville tels que le pont du Mont-Blanc, la rue de Chantepoulet et le quai du Général-Guisan. A l’appel du collectif des taxis genevois, une cinquantaine de conducteurs – entre 37 et 40 véhicules selon la police – ont manifesté tout leur amour envers «l’immobilisme» du Département de l’économie et de la sécurité (DSE) à faire respecter l’interdiction de circulation des véhicules Uber.

Arborant des petits drapeaux – «Stop aux transporteurs illégaux», «l’Etat doit faire respecter la loi», «Taxis en colère» –, ces derniers ont tenté de geler le centre-ville. «Sans aucune autorisation de manifester de la part du DSE», précise la police genevoise, rappelant également qu’«aucune infraction à la Loi fédérale sur la circulation routière n’a été constatée».

Un double échec

A moins que le but des taxis n’ait pas été de perturber la circulation, l’opération de mécontentement ne demeure pas un franc succès. D’une part, la mobilisation est très faible. De l’autre, le trafic n’a pas été spécialement bouleversé, les Transports publics genevois n’ont même pas signalé de perturbation particulière liée à ce mouvement de grogne. L’été, saison creuse en matière de circulation à Genève, est l’une des explications probables de cet échec.

La veille, le DSE s’était fendu d’un communiqué plutôt virulent à l’encontre du collectif, menaçant les conducteurs de «mesure de contrainte» et de «poursuites administratives». Il avait aussi «déploré vivement l’attitude de cette portion de chauffeurs de taxis qui préfère s’inscrire dans l’illégalité au prétexte paradoxal de se battre contre celle-ci, et prendre la population en otage […]».