Le comité «Non à la médecine Denner», qui combat l'initiative «Pour des médicaments à moindre prix», lancée par le grand distributeur, a plaidé mardi à Berne pour le rejet du texte lors des votations du 4 mars prochain. Motif: la qualité des soins ne serait plus assurée.

L'initiative demande en substance que les médicaments vendus dans les pays limitrophes de la Suisse soient mis sur le marché sans autorisation particulière, que les professionnels de la santé soient obligés de remettre au malade le produit le moins cher et que l'assurance de base ne rembourse que le médicament le plus avantageux, soit, lorsqu'elles existent, des copies (génériques). Ces critères sont dangereux, estime le comité composé de 160 parlementaires, tant pour les patients que pour la recherche et l'économie.

La conseillère aux Etats Michèle Berger (rad./NE) a dénoncé la tactique de Karl Schweri qui, selon son analyse, a lancé cette initiative non dans l'intérêt des assurés mais dans l'idée de faire de la publicité pour Denner. Une publicité qui coûte cher à la société, a-t-elle remarqué. Cette mise au point faite, la députée souligne que seul le prix des médicaments sera pris en compte si le texte est accepté, au détriment de leur qualité et de leur efficacité.

Médecine à deux vitesses

L'initiative induirait également une médecine à deux vitesses puisque les patients ne se verraient rembourser que les médicaments les meilleur marché. Seules les personnes aisées pourraient s'offrir les traitements de pointe.

Actuellement chaque médicament mis en vente est soumis à une autorisation de l'Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM). Ce ne serait plus le cas si l'initiative était acceptée et les contrôles de qualité disparaîtraient pour les produits venus des pays limitrophes. Une limitation des importations libres à ces pays serait d'ailleurs incompatible avec les traités économiques signés par la Suisse avec l'Organisation mondiale du commerce et l'Union européenne.

Enfin les opposants à l'initiative estiment que la recherche et la production de l'industrie pharmaceutique suisse seraient pénalisées en cas de oui.