On ne lui donnait guère de chances de succès. Partis politiques et syndicats ne la soutiennent pas. Et pourtant, les sondages montrent que l'initiative en faveur du service public, lancée par des magazines de consommateurs, est loin de déplaire aux citoyens suisses. Si bien qu'à quelques semaines de la votation, ses opposants se réveillent et s'expriment dans la presse dominicale.

Le Matin Dimanche accorde une longue interview à la conseillère fédérale Doris Leuthard. L'Argovienne l'assure: «Si l'initiative passe, nous nous retrouverions dans les conditions d'il y a vingt ans. Autant dire un affaiblissement du service public». Et d'assurer qu'elle ne trouve pas choquant la différence salariale entre un ministre helvétique et des patrons de La Poste, de Swisscom et des CFF: «Dans toutes les banques cantonales, les CEO gagnent plus qu'un conseiller fédéral», rappelle-t-elle.

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Menace sur les prestations

Dans le SonntagsBlick, c'est Hansueli Looslli, président de Swisscom, qui sort du bois. Le ton est quasi menaçant: «En cas d'acceptation de cette initiative, la qualité des prestations diminuera et les impôts augmenteront.» Il rappelle que Swisscom, en additionnant dividendes, impôts et TVA, rapporte actuellement 1,3 milliards de francs par an à la Confédération. Schweiz am Sonntag titre sur la nervosité et la panique soudaine des opposants. Le journal dominical donne la parole à Petra Gössi, nouvelle présidente du PLR, qui avoue que cette initiative a été sous-estimée par la classe politique.

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Mais tout cela devrait changer: la Sonntagszeitung annonce que les opposants organiseront vendredi une manifestation publique sur la Place fédérale à Berne.

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Tarifs à la hausse

Suffisant pour inverser la tendance? Dans le Matin dimanche et la Sonntagszeitung, Ulrich Gygi, président du conseil d'administration des CFF, avoue que le système tarifaire est actuellement revu. «Les pendulaires titulaires d'un abonnement général profitent d'un prix au kilomètre très bas. Il serait logique que ceux qui font plus de trajets et sur de plus grandes distances payent aussi plus», estime-t-il. Voilà qui va faire plaisir aux usagers...Et aux initiants!

Les vrais frais de la Confédération

Les deux titres dominicaux partagent également une grande enquête sur les mandats extérieurs de la Confédération (la voir sur le site du Matin). L'administration achète chaque année pour plus de cinq milliards de francs de biens et de services à des entreprises privées. Quelques exemples: 21 600 francs pour un séminaire de la Chancellerie dans un hôtel cinq étoiles à Flims, 700 millions par an d'achats à Ruag, 75 millions pour l'entreprise de constructions Implenia, 9 millions pour des services de conseils en management et coaching entre 2011 et 2014 au département de la défense...

A signaler encore, dans le Matin dimanche, une grande enquête sur le trafic de denrées alimentaires. En Suisse romande, de plus en plus de contrebandiers se professionnalisent dans l'importation en fraude de gigantesques quantités de marchandises. Quelques chiffres: 2800 kilos de viande et 520 litres d'eau-de-vie ont été retrouvés dans un garage, 19 tonnes de denrées alimentaires ont été saisies en Suisse romande entre janvier et mars 2016. Un fléau!