Prévoyance vieillesse 2020

Les opposants à la réforme entrent en scène

Quelques élus de droite font tout un théâtre pour exprimer leur refus de la réforme des rentes. Devant dix spectateurs

Lancer la campagne contre la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020 sur la Place fédérale, un 14 août à 16h par près de 30 degrés, était une idée moyennement bonne. Sur les bancs face à la scène, une dizaine de personnes seulement, retraités pour la plupart, ont suivi le dialogue entre un animateur et plusieurs élus de droite. Les autres, essentiellement des représentants des médias et des partis, se sont agglutinés plus loin, sur quelques parcelles d’ombre.

Magic Five a ressorti quelques grands tubes rock entre deux slogans à la barbe à papa. La friandise collante n’est pas mentionnée ici par hasard. Elle symbolise le refus de la réforme et de sa mesure la plus controversée: l’augmentation des rentes AVS de 70 francs par mois. «Barbe à papa gratuit pour tous. Non à un chèque sans provision pour nos enfants et petits enfants.»

Lire aussi: «Chez les opposants, c’est la débandade»

Canne et moustache

Ce grand n’importe quoi, annoncé comme une pièce de théâtre, a été organisé par l’Union suisse des arts et métiers (USAM). On a ainsi vu le conseiller aux Etats Andrea Caroni rejoindre les Magic Five pour se mettre à la batterie. L’ancien conseiller national Toni Bortoluzzi (UDC/ZH) a sorti son bob, Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH) a pris sa canne, Erich Hess (UDC/BE) s’est collé une moustache. Tout ça pour un dialogue de café du commerce. Pour la partie francophone, le public a pu faire la connaissance de Johanna Gapany, vice-présidente de la section fribourgeoise du PLR, qui a exprimé les espoirs déçus des jeunes face à une réforme qu’elle qualifie «d’antisociale».

Mais l’USAM ne fait pas tout faux. En réalité, elle a réuni sur scène les acteurs de plusieurs sketches diffusés sur les réseaux sociaux. Parmi les comédiennes, la conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH) a mis une perruque blonde pour l’occasion. Elle assume: «les citoyens sont submergés d’informations. La réforme de la prévoyance vieillesse est un sujet compliqué, dense. Alors nous avons voulu essayer autre chose pour toucher les jeunes.» Et ça fonctionne. L’USAM annonce que ces différentes saynètes ont déjà été vues 150 000 fois chacune. Le feuilleton continue.

Dossier
La bataille des retraites

Publicité