JOJ Lausanne 2020

«Du fait de notre opposition, la vallée de Joux n’accueillera pas les épreuves de ski de fond»

Après Morges, un second site des Jeux olympiques de la jeunesse est touché. La protection du paysage fera opposition à la construction d’un centre nordique dans la commune du Chenit

Roman Hapka est directeur romand de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage. Suivi par Helvetia Nostra et l’association Birdlife, il dénonce et s’opposera au projet d’infrastructures destinées au ski de fond au Chenit, dans la vallée de Joux. Même si la commune rejette leur opposition, le recours de leur part rendra impossible la tenue à temps des travaux.

Le Temps: Comment pouvez-vous certifier que le site de la vallée de Joux n’accueillera pas les épreuves de ski de fond?

Roman Hapka: Dès que la commune du Chenit mettra le projet des Jeux olympiques de la jeunesse à l’enquête, nous nous y opposerons. Si je le dis aujourd’hui, avant même que la mise à l’enquête soit publiée, c’est pour éviter que l’organisation des Jeux ne prenne plus de retard encore qu’elle n’en a déjà, et que les organisateurs puissent plancher sur un plan B, qui sera très certainement la France voisine. Si la commune du Chenit venait à rejeter notre opposition, nous ferions recours et les travaux seraient retardés, ce qui empêcherait de toute façon la réalisation des infrastructures de ski de fond à temps voulu pour les JOJ en 2020. La commune nous a déjà dit que si l’on faisait opposition, le projet ne se ferait pas, le délai étant trop serré.

La vallée de Joux se trouve dans une zone protégée d’importance nationale

Lire aussi: Les Jeux olympiques de la jeunesse sur la mauvaise pente

Pour quelles raisons vous opposez-vous à ce projet?

La vallée de Joux se trouve dans une zone protégée d’importance nationale. La construction des pistes de ski de fond porterait atteinte au terrain et au défrichement de la forêt du Risoux. L’enneigement artificiel nécessiterait un bassin de rétention d’eau du réseau et l’éclairage porterait atteinte aux espèces d’oiseaux protégées, comme le grand tétras, que l’on trouve dans cette région.

Après Morges le mois dernier, la vallée de Joux sera donc le second site à se retirer des Jeux. Cela reflète-t-il à votre sens un déficit dans l’organisation?

Oui, l’impréparation de Lausanne 2020 est inquiétante. Les délais imposés par les Jeux olympiques de la jeunesse ne sont pas raisonnables pour ce type d’événement. Si l’on utilisait ce qui existe déjà, il n’y aurait pas de souci. Le problème est que les Jeux olympiques de la jeunesse sont confrontés aux conditions-cadres imposées par le CIO, qui définit les données techniques des sites. Les pistes de France voisine, elles, sont déjà homologuées – le fondeur et multiple médaillé olympique Martin Fourcade vient d’ailleurs s’y entraîner.

A ce sujet: A Morges, l’accueil des JO de la jeunesse est compromis

Etiez-vous opposé depuis le début à ce que la vallée de Joux accueille les JO de la jeunesse?

Au contraire, je trouve le projet très chouette. Promouvoir le sport auprès de nos jeunes, venir encourager des athlètes du monde entier, accueillir une telle manifestation dans le canton de Vaud, je suis pour. Mais le fait que le CIO demande des installations durables pose un vrai problème d’organisation aux communes.

Publicité