Réunis dans l’association «Transrun-non», les adversaires du projet de RER à 919 millions soumis aux Neuchâtelois le 23 septembre sortent du bois. Avec cette formule: «Nous ne pouvons pas faire confiance à un gouvernement qui nous dit: votez la dépense d’abord, on vous dira après où on ira chercher l’argent.»

Le Temps: Pourquoi vous opposez-vous à un projet que vous reconnaissez être bon?

Raymond Clottu: Nous ne nous opposons pas au RER, mais au Transrun. Si nous en avions les moyens, pourquoi pas! On ne peut pas plomber le canton pour 30 ans. D’autant plus que les perspectives financières sont catastrophiques. La situation ne permet pas d’investir dans un projet pharaonique.

– Qui compose votre association, les seuls députés opposés au projet?

– Notre association est apolitique, représente tout le canton, le Haut et le Bas, les ouvriers comme les industriels. Nous avons aussi à nos côtés le conseiller national Yvan Perrin.

– Le projet est assorti d’un remboursement sur 25 ans, avec une exigence d’équilibre budgétaire. N’est-ce pas suffisant?

– Les économies ne suffiront pas. Il faudra augmenter les impôts, qui pèseront sur la classe moyenne. Contrairement à ce qu’affirment les partisans, c’est un leurre de croire que le Transrun va créer de la richesse.

– N’est-il pas temps de prendre quelques risques pour sortir de la torpeur neuchâteloise?

– Lors du rejet de l’EEE, on prédisait le pire, c’est l’inverse qui s’est produit. Ce dont Neuchâtel a besoin, c’est de finances saines, de Microcity et d’une fiscalité attrayante. Sans s’éparpiller. Une fois notre situation assainie, on pourra imaginer un RER light. Qui sait ce que nécessitera la mobilité dans 25-30 ans?