L’opérateur de téléphonie mobile Orange ne renonce pas après l’interdiction de réaliser le projet de rachat de son concurrent Sunrise. «Nous n’allons pas jeter l’éponge à mi-chemin suite à la décision de la Comco [Commission de la concurrence]», relève le patron d’Orange Suisse Thomas Sieber dans une interview parue dimanche dans l’hebdomadaire alémanique «SonntagsZeitung». «Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger nous a pour ainsi dire encouragé à porter le cas devant le Tribunal administratif fédéral».

«L’objectif stratégique d’une fusion demeure», rappelle-t-il. Reste que cet objectif apparaît pour le moins difficile à concrétiser. «Du point de vue de nos juristes, toutes les options sont vouées à l’échec», relève Thomas Sieber. Orange dispose de 30 jours pour déposer un éventuel recours.

Si Orange devait définitivement renoncer à acquérir Sunrise, l’opérateur vaudois ne serait certainement plus en mesure d’investir dans la même ampleur. En cas de fusion, il prévoyait d’injecter 1,3 milliard de francs. Selon lui, «la décision de la Comco cimente la position de Swisscom.» Même avis du côté de Jens Alder, président du conseil d’administration de Sunrise (entité contrôlée par le danois TDC). «Le mauvais choix de la Comco avantage désormais Swisscom», estime ainsi celui qui a été patron du géant bleu.

Swisscom dispose dans la téléphonie mobile d’une part de marché de quelque 60%. Malgré cette position dominante, «nous avons une autorité de concurrence qui veut empêcher l’alliance de deux acteurs affichant chacun 20%.»

A l’instar du patron d’Orange Suisse, Jens Alder dit que Sunrise évalue pour l’heure toutes les options. «TDC ambitionne de vendre sa filiale helvétique si une offre valable survient. Ce qui était le cas avec Orange.» TDC ne doit toutefois pas impérativement céder Sunrise. Reste qu’après le refus de la Comco, il faut admettre que les chances de voir arriver une nouvelle offre de rachat se sont amenuisées.

La Comco a interdit jeudi la fusion entre Orange et Sunrise, arguant que le duopole constitué avec Swisscom empêcherait toute concurrence effective. Une décision qui a cependant réjoui les associations de consommateurs qui y voient une percée pour les clients des opérateurs.