«Nous avons prouvé que nous nous préoccupions d'environnement en créant notre agence sur l'énergie. Par ailleurs, nous soutenons la loi sur le CO2, qui prévoit l'introduction d'une taxe si les objectifs de réduction d'émissions polluantes ne sont pas atteints. Les taxes écologiques, elles, ne répondent pas à l'idée que nous nous faisons d'une taxe d'incitation: elles ne sont pas liées aux émissions nocives mais à la teneur énergétique, n'ont pas de but écologique clair et ne sont pas harmonisées sur le plan international.» C'est en ces termes énergiques que le président du Vorort, Andres Leuenberger, a démoli mardi les trois projets mis en votation le 24 septembre.

Encadré par des représentants de l'industrie des machines, de l'horlogerie, des arts et métiers, de l'hôtellerie et des maraîchers, le président de l'association faîtière de l'industrie plaide en faveur d'un triple non. Ni l'initiative solaire, ni son contre-projet (taxe de 0,3 ct./kWh), ni la redevance maximale de 2 ct./kWh destinée à alléger les cotisations salariales ne trouvent grâce à ses yeux. Il accepte la loi sur le CO2 et rien de plus, mais ne se prononce pas sur l'attitude que le Vorort adopterait le jour où il faudrait véritablement introduire une taxe parce que les objectifs de réduction des émissions de CO2 n'auraient pas été atteints.

Les deux premiers projets ne sont rien d'autre que de nouveaux impôts, condamne Andres Leuenberger. Ils ne sont pas des taxes d'incitation dans la mesure où «ils combinent des objectifs écologiques et économiques», puisqu'ils visent à utiliser les recettes engrangées pour promouvoir de nouvelles ressources énergétiques et créer des emplois. «Les technologies porteuses d'avenir s'imposeront d'elles-mêmes sur le marché. La Confédération a certes un rôle à jouer dans la recherche fondamentale, mais il est exclu d'engager des milliards d'impôts dans des technologies qui risquent de se révéler infructueuses», plaide-t-il.

Les trois projets entraîneront une hausse importante du prix des carburants, du gaz, du mazout et de l'électricité qui pénalisera bon nombre d'entreprises, également parmi les PME et la branche hôtelière, avertit le Vorort. Sans oublier que «l'évolution de la fiscalité sur l'énergie en Europe prend une direction opposée à celle qui nous est proposée», prévient pour sa part le président de la Fédération horlogère, François Habersaat.

Redevance discriminatoire

Pas même la redevance prévue pour alléger les cotisations salariales n'obtient le soutien du Vorort. Cela peut étonner dans la mesure où les associations économiques ont pris leur temps pour se prononcer sur un sujet qui, à première vue, pourrait rendre l'embauche plus attractive. Ce n'est que dans la dernière ligne droite qu'elles ont décidé de s'y opposer. «Les personnes qui ne reçoivent pas de salaire, c'est-à-dire la moitié de la population, devront payer leur énergie plus cher sans pour autant bénéficier de la redistribution prévue par le canal de l'AVS, puisqu'elles ne paient pas de cotisations. Par ailleurs, les régions de montagne, où le volume des salaires est moins important, subiront des charges supplémentaires. Enfin, les entreprises qui consomment beaucoup d'énergie seront discriminées par rapport aux sociétés de services qui emploient beaucoup de personnel», justifie Andres Leuenberger.

S'agissant de la solution retenue pour compenser la hausse du prix de l'énergie, c'est-à-dire la diminution des cotisations salariales, on relèvera toutefois que c'est la droite politique qui l'a voulue. La gauche souhaitait faire profiter les retraités et les étudiants de l'allégement envisagé. Sa proposition a cependant été refusée par la majorité. Or, aujourd'hui, les milieux économiques rejettent la solution qui a pourtant été approuvée par ceux qui les représentent au parlement…