Conseiller national UDC du canton d'Argovie, Ulrich Giezendanner, annonce le Blick, veut déposer une initiative parlementaire pour lever l'interdiction d'organiser des Grands Prix de Formule 1 en Suisse. Deux ans de débats parlementaires et trois de construction: dans cinq ans, la Suisse pourrait avoir son Grand Prix et récupérer jusqu'à 2500 places de travail, selon l'élu, et des rentrées qui oscilleraient entre 40 et 70 millions de francs par année. Un tel projet, régulièrement relancé en Suisse, s'est toujours heurté à une forte opposition écologiste.

Le Temps: Passer par la Formule 1 pour générer de l'emploi en Suisse. Le détour surprend, non?

Ulrich Giezendanner: Oui. Mais la démarche me paraît juste: le circuit de Spa, en Belgique, n'accueillera pas de course dans les années à venir. Il y a donc un manque à combler en Europe. L'Allemagne s'est déjà portée candidate, mais elle accueille déjà des courses, notamment à Hockenheim. La Suisse a donc une chance à saisir. La Formule 1 est l'une des disciplines les plus innovatives. Elle fait appel à la technique de pointe, domaine dans lequel nous excellons. Enfin, organiser un Grand Prix assurerait à la Suisse une présence importante dans les médias internationaux et générerait un flux touristique important.

– Où construire le circuit?

– Entre Payerne et Moudon serait une possibilité. Ou à Dübendorf. Dans le Jura, une région durement touchée économiquement, ou encore en Valais. Mais le lieu n'est pas mon problème. Mon devoir est de stimuler une volonté politique pour que l'organisation d'un tel événement soit soutenue. On ne peut pas se contenter de lire chaque jour dans les journaux que notre tissu économique se détériore sans réagir. Pour l'instant, j'ai réuni 40 accords de parlementaires.

– Est-ce à dire que les pouvoirs publics devraient financer ce Grand Prix?

– Non, il ne faut aucune subvention. Tout doit être payé par le privé. J'ai déjà eu des contacts avec des banques, le secteur suisse de l'automobile dont le Touring. Ils sont très intéressés.