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Oscar Tosato: «A Lausanne, il n’y a pas eu de ghettoïsation de la population étrangère»

Le municipal socialiste chargé des Sports et de la Cohésion sociale se félicite des conclusions d'une étude qui démontre à ses yeux que sa ville parvient à intégrer les nouveaux arrivants

La population étrangère à Lausanne a doublé en moins de quarante ans, passant de 23% en 1980 à 43% en 2017. Une croissance rapide pour une ville de plus en plus internationale que les autorités ont voulu analyser à travers une vaste recherche, dont les conclusions ont été rendues publiques ce mercredi.

A ce sujet, lire: Lausanne, une ville toujours plus cosmopolite

Pourquoi avoir voulu documenter l’évolution de la population étrangère à Lausanne au travers d’une vaste étude?

Quand on parle de migration, un élément fait toujours débat, celui de la démographie. La discussion est émotionnelle. Elle tourne souvent autour du nombre – voire d’un supposé surnombre – d’étrangers. Le nombre d’initiatives populaires déposées sur ce thème dans l’histoire suisse le prouve. A la municipalité, il nous importait de nous fonder sur des faits scientifiques, afin de répondre à ceux qui parfois parlent de ghettoïsation de la population étrangère ou d’une migration récente mal intégrée dans certains quartiers de la commune. Grâce aux conclusions de cette étude, je peux vous confirmer qu’à Lausanne, ce n’est de loin pas le cas.

Quels éléments l’étude a-t-elle permis de mettre en lumière?

Premièrement, depuis plus d’un siècle, soit avant la Première Guerre mondiale, Lausanne, tout comme le canton de Vaud, est une terre d’immigration. Elle a attiré des étrangers qui venaient renforcer l’économie, construire la ville et ses infrastructures. Nous accueillons essentiellement une migration de travailleurs. Celle-ci est conjoncturelle. On assiste ainsi à un recul lors des périodes de crise. Cette histoire est connue, mais il est important de la rappeler de temps en temps face aux voix qui trop souvent accusent une partie de la population étrangère de «venir profiter».

Près d’un Lausannois sur deux ne possède pas de passeport suisse. On est tenté de vous dire que c’est beaucoup, peut-être trop?

Il y a deux siècles, à Lausanne, on comptabilisait le nombre de Fribourgeois… Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, le monde s’est globalisé. Principalement au travers de leur attractivité économique, les villes sont devenues les portes d’entrée de la migration. Elles ont pour vocation d’accueillir une population multiculturelle. Ce rapport nous démontre qu’à Lausanne, l’intégration fonctionne bien.

Comment cela?

Tout d’abord, cette étude représente un formidable outil, c’est une grille d’analyse que l’on pourra croiser avec d’autres données, par exemple celles de la santé, afin de mieux cibler nos politiques publiques. Ensuite, son apport principal réside à mes yeux dans une synthèse comparative des quartiers qui nous a apporté la preuve que, malgré quelques petites variations, la population étrangère s’était équitablement répartie sur le territoire communal. Il ne s’est pas créé, comme on aurait pu le craindre, de quartier communautaire de type Little Italy ou Chinatown. Ce phénomène positif pour l’intégration est à mettre sur le compte de la forte implication politique des autorités, avec la construction de logements communaux ou de coopératives.

Il n’en demeure pas moins que ce sont toujours les quartiers populaires qui possèdent le plus haut taux d’étrangers…

On remarque surtout que le nouvel arrivant va chercher à habiter dans un quartier de même niveau socio-économique. C’est pour cette raison que vous constatez également des pourcentages d’étrangers non négligeables à Chailly (34,7%) ou dans la zone Sous-Gare/Ouchy (38,4%). Que l’on soit Suisse ou étranger, c’est le revenu, et non pas la nationalité, qui est déterminant.

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