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Construire une figure avec des spaghettis et des chamallows, un jeu pour travailler l’esprit d’équipe. 
© Guillaume Megevand

Education

Oser entreprendre quand on a 8 ans

Le Concours Oser entreprendre a débuté à Genève lundi. Il propose à des enfants de 8 à 13 ans de travailler une semaine sur des projets d’entreprenariat. A terme, l’idée est d’introduire le concept à l’école publique

Evaluation du marché, fabrication de cartes de visite et introduction à un plan financier. Quand certains enfants sont à la piscine ou en camp de foot, d’autres passent une semaine d’immersion en entreprenariat. Quinze enfants de 8 à 13 ans participent cette semaine au concours Oser entreprendre à Genève, lancé par l’association du même nom. Les enfants devront développer par groupes un projet social, humanitaire ou commercial pendant une semaine.

Il est 9 heures du matin et la présence de têtes blondes détonne un peu dans l’immensité du hall du Campus Biotech, dans le quartier de Sécheron. Les parents, enthousiastes, déposent leurs enfants: «Quand on en a parlé il a eu une idée tout de suite», confie une maman. «Les enfants n’ont pas de barrière. Nous, on aurait beaucoup trop réfléchi». Cinq coaches, issus du monde de l’entreprenariat, accueillent les participants.

La majorité des fondateurs de start-up en Suisse sont étrangers. C’est face à ce constat que Beth Krasna, fondatrice du projet et à la longue carrière entrepreneuriale, a souhaité créer ce camp d’été et concours. Les trois meilleurs projets seront récompensés de 300, 200 et 100 francs par personne pour les groupes gagnants. Elle veut ainsi confronter les enfants à la concurrence qu’ils connaîtront plus tard: «On a presque éliminé ça à l’école, le système scolaire tue la prise de risque. Mais il faut savoir sortir du cadre et se relever face à l’échec».

Franchir la porte de l’école publique, c’est le but ultime de ce projet pilote. «Les élèves pourraient faire ce concours dans les deux semaines qui restent à la fin de l’année, après les examens», explique Beth Krasna. Certaines écoles privées du canton de Vaud et de Genève ont franchi le pas, puisqu’elles accueillent désormais «Graines d’entrepreneurs», un programme pour insuffler l’esprit d’innovation aux adolescents de 11 à 18 ans.

Pas de changement dans la grille scolaire

Si le privé le fait déjà, y a-t-il une possibilité de voir ce type de programme à l’école publique? «Nous n’avons pas prévu à court terme de changement de la grille scolaire», répond Pierre-Antoine Preti, porte-parole du Département de l’instruction publique. Un membre du Département devrait cependant venir observer le projet en fin de semaine.

Dans la salle de séminaire, les enfants trépignent: ils doivent présenter leurs projets devant le groupe. Mais d’abord, introduction: Beth Krasna parle de l’entreprenariat comme d’une chasse au trésor avec des obstacles. «Yeeeeeah!» S’exclame un enfant.

Très vite, retour à la compétition. Les enfants, seuls ou par deux, décrivent leurs projets aux autres. Improvisées, avec une feuille de note manuscrite ou avec une présentation Power Point, les présentations divergent. Les coaches retiendront cinq projets: une ceinture qui recycle le mouvement en énergie, un site pour enseigner aux enfants qui n’ont pas accès à l’école, une entreprise de conseils écologiques pour les marques de vêtements et un système de satellites et de forage pour exploiter l’eau en Afrique. Et enfin un robot baby-sitter «parce que si ma famille en avait un, comme j’ai un petit frère, elle aurait plus de temps pour moi», confie le jeune garçon à l’origine de l’idée. Les enfants dont le projet n’a pas été choisi se joignent aux autres groupes.

Trop tôt?

La compétition est lancée, les groupes se forment tant bien que mal. Et dans des petites salles, ils commencent à réfléchir à leur projet. Après une semaine de jeux autour de notions marketing et de sessions de travail en groupe, chaque équipe présentera un petit business plan, peut-être récompensé par le jury.

Mais n’est-il pas trop tôt pour s’inventer entrepreneur? Les coaches et organisateurs sont unanimes: l’âge n’est pas la question, certains «petits» sont très créatifs et motivés. Mais d’autres problèmes existent: «Les différences d’âge dans une même classe posent problème», estime Michel de Marsano, l’un des coaches, responsable du développement chez Oblong Innovation et enseignant aussi pour «Graines d’entrepreneurs». Le fait que personne n’ait de diplôme en éducation de l’enfance joue aussi un rôle. «L’expérience est intéressante pour eux, ils s’amusent, mais je ne suis pas convaincu qu’ils en retiennent quelque chose au-delà».

Le modèle sera donc sans doute peaufiné avant d’être prêt à intégrer les classes.

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