Selon les bruits de coulisses, la socialiste Esther Waeber-Kalbermatten semble prête à lâcher la Sécurité, un service que le PS verrait bien entre les mains d’Oskar Freysinger pour le confronter à ses idées.

La solution ne déplairait pas, ni à la police, ni dans les prisons. Esther Waeber-Kalbermatten y est décrite comme une ministre avec qui il est facile de dialoguer, mais qui prend peu de décisions. Confrontée à des conflits au sein des prisons, notamment en raison d’un chef de service peu apprécié, elle n’a pas réussi à s’en séparer alors que l’occasion d’une réorganisation du service aurait pu le lui permettre. Certains décrivent encore des dossiers dont elle retarde la présentation au Conseil d’Etat sans raison apparente. Ou des changements nécessaires qui tardent à venir pour les employés sur le terrain.

Oskar Freysinger représente l’espoir d’une gestion plus dynamique, même si dans les services concernés certains rappellent que la marge de manœuvre du conseiller d’Etat sera limitée. En raison par exemple d’accords intercantonaux sur les prisons ou d’effectifs limités à la police.

Mais si l’UDC prend la tête de la Sécurité, il sera le supérieur de son ancien adversaire de campagne, Christian Varone, tout juste réintégré à son poste. Une situation qui ne poserait apparemment pas de problème. Oskar Freysinger répondait à Darius Rochebin dimanche qu’il avait bu le café avec Christian Varone et qu’il avait une bonne relation avec lui. Reste que la campagne pour le Conseil d’Etat les a vus s’affronter violemment autour de la procédure juridique de Christian Varone en Turquie. Et que dans tous les débats sur les questions de sécurité, Christian Varone critiquait vertement les idées d’Oskar Freysinger. «Le premier a beaucoup axé sa gestion sur la prévention alors que le second a une vision plus répressive de la sécurité», décrit-on dans les services concernés. Ils sont plusieurs à penser que Christian Varone ne souhaitera pas rester longtemps à la tête de la police dans ces conditions. D’autant que son retour ne semble pas si simple pour les agents. «Les policiers sont scandalisés et se sentent décrédibilisés par la manière dont Christian Varone a pu reprendre son poste sans enquête disciplinaire alors qu’eux-mêmes y sont soumis», décrivent plusieurs sources proches de la police. M. P.