Devant le parlement valaisan, lundi matin, Oskar Freysinger n’aura pas défendu la loi sur l’école primaire élaborée par son prédécesseur. Mais il n’aura pas non plus encouragé l’UDC, dont la section haut-valaisanne a refusé d’entrer en matière, et dont la section francophone a proposé le renvoi au Conseil d’Etat. L’UDC du Valais romand reproche au texte de faire baisser la qualité de l’école valaisanne, de reprendre «en catimini» les réformes voulues par «E2000», rejetées par les Valaisans il y a 13 ans et par Oskar Freysinger, qui faisait alors partie des enseignants opposés à cette loi.

«Je dois défendre une loi que je n’ai pas élaborée, qui est bien mais qui comporte aussi des problèmes dont le parlement se rend compte», a répondu le conseiller d’Etat fraîchement élu à la suite des prises de position des groupes parlementaires. «La réforme est devisée à 10,9 millions de francs, mais plusieurs de ses aspects sont susceptibles de coûter plus cher. Il y a, notamment, les questions du report de certaines charges sur les communes, ou celle des équipes pédagogiques», a-t-il poursuivi, faisant allusion au fait que la nouvelle loi prévoit que les enseignants travaillent à plusieurs par classe. Il a finalement recommandé au parlement d’entrer en matière et de «prendre le temps de trouver des solutions aux nombreux amendements qui ont été déposés». Il a rappelé ce qui devait impérativement figurer dans la loi à cause de la signature du concordat romand HarmoS: l’harmonisation des plans d’étude, l’école enfantine obligatoire, ou encore l’introduction d’une deuxième langue étrangère. Ce faisant, il a laissé la porte ouverte à des changements concernant tous les autres points, comme l’insertion ou la séparation des élèves en difficulté, les maîtres de classe stables ou les équipes pédagogiques, les temps partiels, etc.

Le parlement l’a suivi par 70 voix contre 34 et 4 abstentions. La première lecture de la loi aura lieu jeudi. Elle est l’une des nombreuses réformes de l’éducation que le Valais a entreprises depuis 2008 en légiférant sur la formation professionnelle, le cycle d’orientation et le personnel enseignant. La loi sur le sport et celle sur l’école primaire sont actuellement devant le Grand Conseil. Oskar Freysinger aura encore à réformer l’école secondaire et la loi sur l’instruction publique (LIP), qui devra définir les valeurs de l’école valaisanne. Un sujet qui promet d’être chaud en Valais, où l’on s’oppose déjà à trop d’éducation au détriment de la formation, et où l’UDC craint la perte des valeurs chrétiennes.