Chacun est appelé par son nom pour monter sur scène. Des noms aux consonances étrangères sur lesquels la maîtresse de cérémonie croche un peu. C’est le nouveau conseiller d’Etat Oskar Freysinger qui les accueille, dans un sourire, au sommet des marches.

Lundi, à Monthey, celui qui a toujours dénoncé des naturalisations qu’il estimait trop nombreuses et trop faciles a naturalisé à la chaîne. Entre deux airs de cor des Alpes, devant la garde d’honneur et par groupe de dix, ils ont prêté serment. La cérémonie a duré presque une heure, avec plus de 600 nouveaux citoyens valaisans. En Valais, la cérémonie se déroule deux fois par année. Les naturalisés y prêtent serment sur la Constitution valaisanne.

En 2004, l’UDC valaisanne s’opposait aux naturalisations facilitées, imprimant une photographie d’Oussama ben Laden sur un pas­seport suisse. «Le passeport suisse ne s’acquiert pas comme une pochette-surprise», estimait alors Oskar Freysinger dans L’H ebdo. «Un passeport, surtout s’il est réduit à un bout de papier sans importance, ça intègre, ça transforme, en un temps record, un chevrier kabyle en paysan de l’Emmental. Et avec ça, nombre de crimes commis par des étrangers, le seront par de bons petits Suisses.»

En 2006, le parti lance une ini­tiative pour une naturalisation par le peuple, refusée en votation. Et le 28 septembre 2012, le conseiller national Freysinger dépose une motion visant à empêcher ceux qui auraient «fraudé» pour être naturalisés de redéposer une demande immédiatement.

En photo

Au Crochetan, ils sont nombreux à se presser pour se faire ­photographier avec Oskar Freysinger. Dans leurs mains, la grande ­enveloppe blanche contenant la preuve qu’ils sont Suisses désormais. Le conseiller d’Etat se prête au jeu. Et, vu la foule, propose de se déplacer pour être plus à l’aise.