«Ils doivent être libérés aussi vite que possible», a déclaré la Haut Commissaire de l’ONU, interrogée sur le sort des deux Suisses, Max Göldi et Rachid Hamdani, détenus depuis 508 jours par le colonel Kadhafi, lors d’une conférence de presse.

«Cette détention apparaît comme une violation» de leurs droits, a-t-elle dit. «Ils ont été détenus pendant une très longue période avant d’être jugés. Cette détention est injuste. Il n’y a pas eu d’explication valable qui ait été donnée», a-t-elle ajouté. «Ils semblent être les victimes d’un litige entre la Suisse et la Libye, mais des individus ne doivent pas souffrir des mauvaises relations entre des Etats», a déclaré l’ex-juge sud-africaine.

Navi Pillay a également été interrogée sur l’interdiction des minarets acceptée par le peuple suisse, une décision qu’elle avait regrettée il y a une semaine dans un communiqué, en la qualifiant de «clairement discriminatoire». «Je ne critique pas un vote démocratique, je critique les stéréotypes qui influencent un tel vote», a-t-elle expliqué.

Droit international «contredit»

Elle a réaffirmé que l’interdiction des minarets «contredit» le droit international, mais a dit s’attendre à ce que le problème juridique «soit résolu au niveau des tribunaux en Suisse». «Il y a toujours un risque à tenir des consultations populaires qui sont potentiellement en conflit avec les valeurs bien établies des droits de l’homme», a ajouté la Haut Commissaire.

Elle a cité l’exemple de son pays, l’Afrique du Sud. La peine de mort, a-t-elle expliqué, a été déclarée inconstitutionnelle. «Mais vu le degré de violence criminelle en Afrique du Sud, je suis certain que si un scrutin était organisé, la population se déclarerait en faveur de la peine de mort», a affirmé Navi Pillay.

«Cette décision représenterait un retour en arrière», a souligné la Haut Commissaire. Il est toujours possible qu’une majorité se prononce lors d’un vote démocratique pour des mesures qui sont discriminatoires à l’encontre de minorités, a-t-elle averti.

La Haut Commissaire s’exprimait en vue de la Journée internationale des droits de l’homme, le 10 décembre. Cette Journée est consacrée cette année à la lutte contre toutes les discriminations.