D'aucuns avaient imaginé une transfiguration totale de la place des Nations. Elle était devenue sur le papier d'un architecte italien une immense surface d'eau, de briques et de verre. Et surtout de hauteur et de densité. Ces plans ont été gommés le 7 juin, en même temps que l'architecture de prestige. Donnez-nous simplement un jardin et des fleurs, ont dit les citoyens de la ville. Dont acte. Ou presque.

La nouvelle esquisse de la place des Nations est minimaliste. Le parc Rigot est presque intouché, la place elle-même également. Deux bâtiments de six étages sur rez (hauteur maximale en zone 3 de construction) devraient s'implanter sur les flancs est-ouest de la place, dans le prolongement du Palais des Nations. Que reste-t-il de l'ambition architecturale du premier projet? «La votation du 7 juin nous a rendu prudent, admet Jacques Moglia, de la division de l'aménagement local au Département de l'aménagement. Le nouveau projet n'est donc pas précis. Et si le résultat du scrutin a réduit notre marge de manœuvre – les bâtiments pourraient difficilement se situer ailleurs que sur les deux parcelles de l'Etat à moins que la Ville ne nous autorise à empiéter sur son territoire – les architectes défendront certainement une construction de qualité.» «Voyez l'extension de l'UIT, poursuit-il. Sa volumétrie est simple, rationaliste mais il a de l'allure. Il en est de même de deux des bâtiments de l'ancien projet de la place des Nations.» Le centre de la place sera très légèrement aménagé pour permettre la tenue de manifestations. Sera-t-il piétonnier? C'est le vœu de la direction cantonale de l'aménagement, qui n'a par ailleurs pas encore arrêté le tracé du tram. «La place des Nations est une articulation entre le monde international et local qui s'est beaucoup développé dans le secteur, explique Jacques Moglia. Le nouveau projet, plus que le précédent, veut constituer un lien entre ces deux mondes.»