Editorial

Oui à des Jeux suisses

EDITORIAL. La population valaisanne votera pour ou contre la candidature de Sion en juin 2018. Le CIO veut des Jeux raisonnables, modestes, à taille humaine. Quel pays est mieux placé que le nôtre pour les lui offrir?

«Ça veut organiser les Jeux olympiques et ça n’est même pas fichu de finir l’autoroute en Valais…» C’est la blague qui circule actuellement dans les carnotzets, à l’heure de l’apéro. Dans le Vieux-Pays, le ton est encore à la plaisanterie. Cela risque de changer d’ici à juin 2018, lorsque la population valaisanne votera sur le soutien ou non à la candidature de Sion à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver en 2026.

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Nul doute que le climat sera alors passionnel, et le vote émotionnel. Les premiers débats sur le sujet ont très vite dérivé vers des arguments irrationnels. Il faudrait que cela ne coûte rien, que l’on soit sûr de tout, que tout le monde vote sur la moindre dépense. Désolé, rien de grand ne se fait sans une part d’incertitude. A un moment donné, il s’agira d’y croire ou pas. D’oser prendre le risque, en s’efforçant de le rendre le plus minime possible.

Sion et l’olympisme, c’est une longue histoire, une quête trois fois refusée. Faut-il s’obstiner? Nous pensons que oui, parce qu’en vingt ans, les Jeux d’hiver ont beaucoup changé. D’accord, ce n’est pas flagrant au premier regard: ceux de Sotchi en 2014 ont coûté 40 milliards de francs, un record, et les prochains, en février à Pyeongchang (Corée du Sud), accusent déjà un dépassement de budget de 5 milliards.

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En profondeur cependant, les temps changent. Inquiet de voir les candidatures se raréfier, le Comité international olympique (CIO) a appris la modestie et l’humilité. Ce n’est plus lui qui fixe les règles du jeu; il se contente de proposer un cadre. Au lendemain du refus populaire du Tyrol, le 15 octobre dernier, le CIO a rappelé qu’une candidature était désormais «une phase de dialogue, sans engagement». Dites-nous quels Jeux vous pensez organiser, nous verrons comment nous pourrons vous aider.

Bien sûr, c’est gratuit jusqu’à la caisse. Mais Sion, et avec elle toute la Suisse, aurait tort de ne pas profiter de cette opportunité unique. Le CIO veut des Jeux raisonnables, modestes, à taille humaine. En trois mots: des Jeux suisses. Quel pays est mieux placé que le nôtre pour les lui offrir?

La Suisse y gagnerait une image renforcée de fiabilité et de savoir-faire sur la scène internationale. Elle y trouverait également un grand projet national, impliquant ses sportifs, son hôtellerie, ses hautes écoles, son armée. Les sports d’hiver ne représentent sans doute pas l’avenir de nos montagnes, mais le projet Sion 2026 n’est pas incompatible avec la transition vers le tourisme quatre saisons et il reconnecterait le pays avec ses origines alpestres.

Cette voie du sérieux et de l’excellence impose aux initiateurs du projet une totale transparence. Ces Jeux n’ont de sens que s’ils deviennent réellement ce qu’ils se proposent d’être.

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