Dans le vaste centre de tennis de Delémont, où le PDC tenait ses assises de rentrée, un élément a frappé les observateurs: la présence inhabituellement forte des députés fédéraux, en particulier des conseillers aux Etats. Cela s'explique par un enjeu connexe à l'assemblée, à savoir la question du contre-projet à l'initiative «Oui à l'Europe». On sait que la balle est dans le camp des sénateurs démocrates-chrétiens. Il suffirait en effet que six d'entre eux changent d'avis pour que le contre-projet passe la rampe.

Au terme des discussions qui ont eu lieu en marge de l'assemblée de Delémont, il faut pourtant constater que tel ne sera pas le cas. «Au mieux deux ou trois de mes collègues pourraient finir par accepter ce contre-projet. Cela ne suffira pas», se désole le Valaisan Simon Epiney. Son collègue haut-valaisan Rolf Escher fait partie de ceux qui n'ont pas l'intention de changer d'avis. Il ne veut pas du contre-projet proposé parce que celui-ci ne prévoit pas de vote populaire, mais il n'exclut pas de souscrire à une autre proposition.

Laquelle? Rolf Escher parle d'une motion. Les stratèges du PDC s'aventurent cependant sur d'autres pistes, l'objectif étant d'éviter que le parlement ne rejette l'initiative «Oui à l'Europe» sans y apporter un bémol confirmant sa volonté de rapprocher la Suisse de l'UE. Sont en discussion une recommandation (qui est au Conseil des Etats ce que le postulat est au Conseil national) ou un mandat, une nouvelle possibilité d'injonction au Conseil fédéral créée par la nouvelle Constitution. Ces idées seront discutées au sein de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats. Celle-ci ne devrait toutefois pas reprendre le dossier avant que le plénum du Conseil national ne confirme son soutien au contre-projet.