Chez les radicaux, quand quelqu'un n'est pas d'accord avec la position officielle du parti, il le dit. L'initiative des jeunes «Oui à l'Europe!», soumise au peuple le 4 mars, divise Romands et Alémaniques. L'assemblée des délégués du PRD le 13 janvier à Olten, opposée à trop d'élan juvénile, l'a souligné jusqu'à la caricature. Battue, la «sensibilité romande» ne désarme pas. Dans sa dernière livraison, «Service de presse-PRD», hebdomadaire francophone édité par le secrétariat central du parti à l'attention des médias et des militants, publie à la rubrique «Flash» un cri-cri d'amour proeuropéen. «Pour imaginer le futur de la Suisse, prenez la carte des USA et imaginez le Kansas Etat indépendant! Lors des prochaines votations et des suivantes sur l'Europe, n'oubliez pas cette image», lit-on en conclusion de ce billet d'humeur non signé. Dans le même newsservice, Jean-Claude Chappuis, d'Economiesuisse, dit au contraire et en substance, que le Kansas, ce n'est finalement pas si mal.

Responsable de «Service de presse-PRD», Dominique Delaloye, membre du comité valaisan «Oui à l'Europe!», assume pleinement le contenu du dernier «Flash». Elle le revendiquerait presque… Explication: le secrétariat central du PRD, organe stratégique, ne fait pas qu'incarner l'unité doctrinale du parti, il en reflète également sa diversité. Son chef, Guido Schommer, rappelle qu'il existe un pendant alémanique à «Service de presse-PRD». Pluralité sauvegardée et cacophonie garantie.