Outre-Sarine, deux tendances se dégagent: un retour à l’école partiel, comme à Zurich, ou une reprise des cours selon l’horaire et le plan d’études habituels. Ainsi Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Argovie ou Lucerne optent pour un retour immédiat à la normalité: les classes de l’école obligatoire du primaire au secondaire reprendront dès le 11 mai dans leur taille et selon le plan d’études habituels, ont annoncé les responsables de l’éducation. Entre ces deux pôles, la diversité règne.

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En matière d’examen également. Zurich, Bâle et Berne ont annoncé l’annulation de toutes les épreuves de maturité gymnasiale. En revanche, aux Grisons, en Suisse centrale, à Saint-Gall, en Argovie, à Lucerne ou encore à Fribourg, les autorités ont décidé de renoncer aux examens oraux, mais de maintenir les épreuves écrites dans les gymnases et les écoles de commerce, parfois avec des conditions facilitées. Les examens cantonaux de maturité professionnelle fédérale, quant à eux, sont supprimés dans l’ensemble du pays, sur décision du Conseil fédéral.

Egalité pas garantie

Niklaus Schatzmann, chef du Service de la formation gymnasiale et professionnelle du canton de Zurich, salue cette décision: il aurait été «injuste», dit-il, de demander à des étudiants qui reviennent de huit semaines d’enseignement à distance de se soumettre à des examens. «Les situations familiales de chacun influencent la qualité de l’enseignement à distance. Dans ces conditions, l’égalité des chances n’est pas garantie.»

Reprendre le fil du cursus scolaire tout en tenant compte du risque de nouvelle vague: c’est le «travail herculéen» auquel sont tenus les établissements scolaires ces prochaines semaines, selon l’expression de Marion Völger, responsable de l’enseignement secondaire à Zurich. Les écoles doivent observer les règles de l’Office fédéral de la santé publique pour prévenir les contaminations: di

stance de 2 mètres entre écoliers et enseignants, lavage des mains et nettoyage méticuleux des établissements. En revanche, les élèves ne sont pas tenus d’observer les distances entre eux.

«Reconstruire la confiance»

A Zurich, l’ouverture de l’école obligatoire se fera progressivement: jusqu’au 8 juin, les enfants des classes enfantines, du primaire et du secondaire retourneront en cours à mi-temps, avec un plan d’études réduit. Les classes seront fractionnées: elles ne devront pas compter plus de 15 élèves et alterneront leur présence entre le matin et l’après-midi.

«Ces dernières semaines ont montré le rôle central de l’école, souligne Silvia Steiner, conseillère d’Etat zurichoise responsable du Département de la formation et présidente de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). Les familles ont dû intégrer l’enseignement à distance dans leur quotidien bouleversé. Il s’agit maintenant de reconstruire la confiance des enfants. Ils doivent pouvoir penser à autre chose qu’au coronavirus et retourner en classe sans peur.»

Saint-Gall opte aussi pour des demi-classes, du moins durant les quatre premières semaines suivant le 11 mai, avant un retour à l’horaire habituel. Le canton de Berne, de son côté, mise sur un enseignement à mi-temps pendant les deux premiers jours, avant de retrouver le rythme d’avant la crise. Christine Häsler, conseillère d’Etat à la tête du Département bernois de l’enseignement, a précisé toutefois laisser aux communes une marge de manœuvre dans l’ouverture des classes, afin de tenir compte des différents besoins. Ainsi, le Jura bernois, plus durement touché par l’épidémie que le reste du canton, pourra décider d’un retour en classe plus restrictif.

Partout, camps, voyages scolaires et excursions sont annulés. Les enseignants à risque seront dispensés d’enseignement physique. Certains cantons prévoient qu’ils continuent de travailler à distance, en soutien. Quant aux élèves malades ou placés en quarantaine, ils devront en général pouvoir continuer à bénéficier d’un enseignement à distance également. A Zurich ou à Berne, des dispenses pourront être octroyées, au cas par cas, aux jeunes en contact avec des personnes à risque à la maison, «après une pesée d’intérêts entre le droit à l’enseignement et la protection de la santé».

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