La Suisse aurait offert à la Russie de représenter ses intérêts auprès de la Géorgie, révélait jeudi le Tages-Anzeiger. L'offre de la diplomatie helvétique a été confirmée au quotidien zurichois par le Ministère russe des affaires étrangères. On admet tacitement à Berne qu'une telle offre a bien été faite à Moscou.

En temps normal, fait-on remarquer dans les milieux diplomatiques, cette annonce n'aurait soulevé aucune émotion. Dans le contexte actuel qui fait du DFAE une sorte de forteresse ébranlée par les soupçons, ces révélations semblent avoir mis les services de Micheline Calmy-Rey dans un embarras certain. Le Conseil fédéral n'étant pas au courant, cela devient une tentative de Micheline Calmy-Rey de s'immiscer dans la crise du Caucase en cachette de ses collègues, par peur d'être freinée dans son initiative. On est là en présence d'une offre on ne peut plus classique de bons offices, et la ministre des Affaires étrangères n'était pas nécessairement tenue d'en parler au Conseil fédéral tant qu'il s'agissait de simples propositions encore sans suite. On peut toutefois s'étonner que, compte tenu à la fois du contexte international et du contexte national, également délicats, Micheline Calmy-Rey n'ait pas pris la précaution, note un observateur, d'avertir informellement un ou plusieurs de ses collègues.