Le caractère innovateur du parlement genevois ne séduit pas toute la classe politique cantonale. Cinq jours après l'adoption du Pacte civil de solidarité (Pacs) par le Grand Conseil, l'Union démocratique fédérale annonce qu'elle lancera un référendum, rappelant ainsi qu'elle reste un adversaire à toute reconnaissance juridique des couples homosexuels. Une forme de partenariat que ce parti composé de chrétiens ne veut pas: il pourrait «ouvrir la porte à l'adoption d'enfants par les couples de même sexe […], alors que certains couples homme et femme se voient refuser un tel privilège».

«Plutôt que d'affaiblir la famille en lui opposant des formes de partenariat», l'Union démocratique fédérale (UDF) préfère que les autorités «privilégient financièrement et juridiquement la famille», et apportent à l'enfant «un cadre naturel lui permettant de se développer pour devenir un adulte capable de s'intégrer dans la société». Un cadre naturel qui ne peut être garanti que «par un mariage entre un homme et une femme basé sur l'amour, la fidélité et le respect réciproque», seul entourage «dans lequel un enfant peut naître, car il a besoin d'un père et d'une mère, ainsi que d'un référent masculin et féminin». Une ligne idéologique à laquelle ne veut pas déroger Marc Liggenstorfer, même si ce responsable du référendum a des petits-enfants qui sont partiellement élevés par un couple homosexuel.

La section genevoise de l'UDF, qui ne compte parmi sa quarantaine de membres aucun élu sur les plans communal et cantonal, a quarante jours pour récolter les 7000 signatures nécessaires à l'aboutissement de sa démarche.