Vaud

Pacte public-privé pour loger la classe moyenne

La Fondation Equitim, lancée mercredi, rapproche les caisses de pension des terrains communaux. Une première romande

Pacte public-privé pour loger la classe moyenne

Vaud Une fondation rapproche les caisses de pension des terrains communaux

Les communes possèdent des terrains, du moins certaines, tandis que les caisses de pension ont des moyens à investir. La Fondation Equitim, lancée mercredi dans le canton de Vaud, réunit ces partenaires pour un objectif commun: la création de logements «à loyer accessible» pour la classe moyenne.

Quatre investisseurs institutionnels participent à cette fondation, qui est une première en Suisse romande et dont le groupe immobilier MK est à l’origine. Ce sont les caisses de retraite de la Fédération vaudoise des entrepreneurs (FVE), de Romande Energie, les institutions de prévoyance gérées par le Centre patronal et la Caisse inter-entreprises (CIEPP). La présence au Conseil de fondation des syndics de Morges, Vincent Jaques, et de Payerne, Christelle Luisier, traduit l’intérêt des communes pour cette opération.

Un capital de départ de 95 millions de francs est disponible pour financer entièrement des constructions. La fondation vise 350 logements d’ici à 2020, ce qui est ambitieux en termes de calendrier. Les contacts avec des exécutifs municipaux sont fructueux, assure Daniel Moser, qui administrera la société de gestion Equitim SA, sans vouloir en dire plus tant que les parlements communaux ne se sont pas prononcés sur le droit de superficie.

Les logements pour la classe moyenne, excluant secteur subventionné et PPE, sont promis à un loyer inférieur de 10 à 20% au prix du marché. Ce différentiel est rendu possible par l’incidence foncière moindre du droit de superficie et le statut fiscal de fondation, non par le coût de la construction. Une rentabilité de 4 à 4,5% est promise d’emblée tant au propriétaire du terrain qu’à l’investisseur.

Les heureux bénéficiaires de ces logements seront choisis en fonction notamment de leurs liens avec la commune, l’un des buts de la démarche étant d’éviter aux jeunes ménages de devoir s’«exiler». Le taux d’effort attendu des locataires se situera entre 20 et 33%, à l’entrée du moins.

Objectifs convergents

Claudine Wyssa, syndique de Bussigny et présidente des communes vaudoises, trouve beaucoup d’intérêt à cette initiative: «Cela donne aux communes qui ont du terrain constructible la possibilité d’influencer leur politique du logement.»

Le souci de loger la classe moyenne est largement partagé par les communes. C’est aussi un objectif de la nouvelle loi cantonale sur le logement, qui vient de passer le cap de la commission parlementaire et qui pourrait être adoptée par le Grand Conseil vaudois avant l’été. Ce projet de loi introduit un droit de préemption restreint pour les communes et leur donne la possibilité de fixer des quotas de logements d’utilité publique dans les plans d’affectation.

Uniquement vaudoise pour le moment, la Fondation Equitim envisage d’essaimer dans d’autres cantons, particulièrement dans des régions à forte densité de population.

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