On connaît depuis quelques années les milieux de la droite conservatrice-traditionaliste valaisanne qui gravitent autour d'Ecône. Ils sont regroupés aujourd'hui dans l'association Romandit, appelée autrefois Citadelle. Ces individus aiment provoquer en adoptant le registre de l'outrance, de l'anathème sur fond de chiffres habilement manipulés.

Rien ne leur fait autant plaisir que de voir les effets de leur provocation; ce d'autant qu'après l'affaire des affiches anti-avortement, ils savent pouvoir compter sur une relative compréhension de la justice valaisanne. C'est leur façon de communiquer, et la polémique de la Gay Pride constitue, en termes de récupération, un véritable pain bénit. Il est cependant étonnant qu'un journal comme Le Nouvelliste cautionne cette politique en hébergeant dans ses pages des annonces relevant manifestement de la manipulation d'opinion et se prête au jeu de cette minorité d'activistes. Et cela, une semaine seulement après avoir présenté d'une façon positive la même manifestation.

Etonnant? Oui et non. Car la polémique autour de la Gay Pride de juillet est une aubaine pour la droite conservatrice valaisanne, qui a ses bonnes entrées dans un journal qu'elle considère comme son principal vecteur idéologique. Avec les dossiers de la dépénalisation des drogues douces ou de l'avortement, ces milieux trouvent une nouvelle occasion pour focaliser le débat politique sur un sujet de société qui se prête bien à une approche manichéenne. Peut-être aussi, après les résultats de l'élection au Conseil d'Etat du 4 mars dernier, qui a vu la victoire de ce même conservatisme, y a-t-il quelque avantage à exacerber les phénomènes d'intolérance. C'est un jeu dangereux.