Les ennuis de Marina Masoni ont leur source dans un bras de fer engagé entre les quatre directeurs de la Division tessinoise des contributions. Objet de la discorde: la taxation d'un commerçant désireux de transmettre une partie de son patrimoine à ses enfants.

C'est le point de vue du directeur – l'opération n'est pas soumise à taxation – qui l'emporte. L'administration fédérale des contributions, semble-t-il, s'intéresse à l'affaire. Pour la critiquer, assure Il Caffè. Pour demander des informations contre la conseillère d'Etat. Quoi qu'il en soit, le principal reproche fait à cette dernière est ailleurs. La crise engendrée par ce différend a été mal gérée. Elle a eu le temps de déboucher sur une mise à l'écart, rapportée par la suite, des deux vice-directeurs minorisés et sur des fuites dans les médias, sans que Marina Masoni n'intervienne efficacement. Enfin, cette crise a fait apparaître publiquement un conflit d'intérêt – l'un des vice-directeurs siège au conseil d'administration d'une banque privée – qu'elle aurait dû identifier depuis longtemps.

Ces différents reproches ont amené le Conseil d'Etat à constituer une commission d'enquête administrative composée de trois anciens magistrats.

Flous

Le 7 janvier, le mandat de cette commission a été étendu à l'affaire de la fondation Villalta dell'Argine dont l'existence a été révélée dans la foulée de l'intérêt médiatique accru porté aux affaires de la conseillère d'Etat.

Villalta dell'Argine est une fondation de famille, destinée à assurer des revenus aux descendants de Franco et Valeria Masoni en cas de besoin. A ce titre, Marina Masoni en est potentiellement bénéficiaire.

Elle en a même profité concrètement lors de sa campagne électorale de 1995. Le versement n'entre pas dans les buts de la fondation mais cette dernière, assure Franco Masoni, n'a servi que de lieu de transit.

Un autre flou entoure le but de la fondation. C'est pour lui permettre de s'occuper aussi de protection du paysage, assure l'avocat luganais, qu'elle a été située à Schwyz. Vendredi, le TagesAnzeiger a assuré disposer de statuts ne faisant pas mention de ce but. Franco Masoni ne commente pas. Tout comme il refuse de rapatrier sa fondation au Tessin ou de s'incliner devant la demande du fisc de lui rétrocéder un million d'impôts qu'il conteste devoir.