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Lausanne, le 31 août 2018. Le Palais de Beaulieu.
© Keystone / JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Lausanne

Le Palais de Beaulieu veut renaître

Grégoire Junod, syndic de Lausanne et président de la Fondation de Beaulieu, annonce sa future dissolution et un changement de cap dans la gestion du palais des congrès en difficulté

La ville de Lausanne entend mettre un terme à la disgrâce du Palais de Beaulieu. Après des années de difficultés financières et la crise de l’année dernière qui a secoué la fondation responsable de son administration, le syndic de Lausanne, Grégoire Junod, propose une transformation profonde du site: les halles nord vont disparaître pour faire place à des entreprises et à la création de places de travail. Par ailleurs, la stratégie commerciale du lieu de congrès sera repensée dans son ensemble.

En premier lieu, la fondation propose de réformer le système de gestion. En effet, des représentants du canton et de la ville siègent dans son conseil, et la confusion des responsabilités n’a pas facilité le contrôle des comptes ou la gestion adéquate des affaires courantes. La fondation va être dissoute et remplacée par une société anonyme contrôlée par la ville, qui va y injecter 36 millions de francs. Grégoire Junod espère davantage de transparence dans les comptes. Le canton, lui, se retirera de la gestion en renonçant à une créance de 15 millions envers la fondation.

Un nouveau départ

Les difficultés du Palais de Beaulieu s’expliquent notamment par la baisse de fréquentation de son événement phare, le Comptoir suisse. A l’instar d’autres événements comme Baselworld, la foire bien connue des Vaudois souffre d’un marché des foires généralistes en pleine déliquescence. «Le modèle d’affaires de Beaulieu n’est pas en souffrance, il est mort», assène Grégoire Junod.

Lire aussi: Beaulieu à nouveau dans la tourmente

Pour insuffler un nouveau départ au site, la ville proposera en décembre un préavis au Conseil communal. Il est prévu de démolir les halles nord, vétustes et sous-exploitées, et de les remplacer par des bâtiments susceptibles d’accueillir des activités économiques autour du domaine de la santé et du sport. Pour le syndic de la ville, cela s’impose naturellement, étant donné le statut de capitale administrative du sport et de la présence à Lausanne de centres de recherche au CHUV et à l’EPFL. De surcroît, le Palais de Beaulieu va accueillir le Tribunal administratif du sport et l’Ecole de la Source. Enfin, le site entend jouer sur la diversité, en rénovant le théâtre et en accueillant des congrès professionnels et des expositions, tout en ancrant le Palais dans le tissu des centres de congrès vaudois où figurent également l’EPFL, Swisstech et le centre de Montreux.

Quant au Comptoir suisse, le contrat avec son propriétaire MCH est prolongé jusqu’en 2021. De son côté, la firme a manifesté sa décision de faire évoluer la manifestation sous peine de la voir disparaître.

Retour sur une crise

La mutation de Beaulieu intervient après le scandale qui avait conduit au renvoi de l’ancien directeur, Marc Porchet. Ce vendredi, la fondation a dévoilé que, sur une perte totale de 15 millions de francs, 11,8 n’apparaissaient pas dans sa comptabilité, sans pour autant pouvoir conclure à un camouflage intentionnel. Néanmoins, ce constat reste accablant pour Marc Porchet, qui est sous le coup d’une procédure pénale et doit également répondre de mandats accordés sans appel d’offres à des entreprises appartenant à des proches et de possibles sur-facturations. «On soupçonne un système de tiroirs-caisses», confirme Grégoire Junod sans pour autant se prononcer définitivement. «Entre-temps, les paiements à des entreprises proches de l’ancien directeur sont toujours suspendus», explique le successeur de Marc Porchet, Nicolas Gigandet.

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