Les couples suisses sont toujours moins nombreux à se passer la bague au doigt. Au début des années 1970, l’Office fédéral de la statistique dénombrait 47 000 unions annuelles. Un record que la Suisse n’arrive plus à battre alors que, cinquante ans plus tard, elle a gagné presque 3 millions d’habitants. Si la désaffection se vérifie partout dans le pays, elle est particulièrement forte en Suisse romande. En 1990, plus de 7 mariages pour 100 000 habitants étaient par exemple enregistrés dans le canton de Vaud. Trente ans plus tard, ce ratio est descendu à 3, un chiffre historiquement bas.

Pour Léna Pasche, statisticienne à l’Etat de Vaud, le phénomène va même en s’accélérant: «Resté longtemps plutôt stable, le taux de nuptialité – à savoir le nombre de mariages par rapport à la population – décline surtout depuis le début des années 2000. Par rapport à la moyenne 2015-2019, l’année 2020 est en recul de 27%.» Cette année-là, le covid et ses effets anti-conviviaux ont naturellement joué les trouble-fêtes. Mais même en excluant cette année désastreuse pour la nuptialité, la tendance reste sans appel: les Suisses sont toujours plus frileux à l’idée de se dire «oui».