Visite papale

Le pape François à Genève pour célébrer l’œcuménisme

Trois conseillers fédéraux vont recevoir le souverain pontife, qui prononcera à Palexpo le 21 juin une messe devant 41 000 fidèles. Pour Genève, le grand défi sera la sécurité et la mobilité

«De puissantes forces divisent actuellement la famille humaine. Dans une telle période, il est important de donner un signe d’espoir.» Secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), le pasteur Olav Fykse Tveit s’est félicité mardi en conférence de presse de la venue du pape à Genève le 21 juin prochain. «C’est un pèlerinage œcuménique», ajoute-t-il, qui se déclinera sous le slogan: «Marchons, prions et travaillons ensemble».

L’endroit sera emblématique. Le COE, qui célèbre ses 70 ans cette année, comprend 348 Eglises chrétiennes représentant 560 millions de fidèles. L’Eglise catholique romaine n’y a pas adhéré, mais coopère étroitement avec le COE dans le cadre de groupes de travail. «Il y a encore des différences entre chrétiens, avoue le pasteur Fikse Tveit, qui revient lui-même de Corée du Nord, mais aucune n’est un véritable obstacle.»

Au nom du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le père Andrzej Choromanski le souligne: l’Eglise catholique romaine a commencé à coopérer avec le COE à partir du concile de Vatican II voici plus de cinquante ans. Implicitement, Andrzej Choromanski le précise: si l’Eglise catholique romaine rejoignait le COE, elle pourrait provoquer un déséquilibre numérique avec son 1,2 milliard de fidèles.

Ville de dialogue

Pour l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg Charles Morerod, le symbole n’est pas anodin. Le souverain pontife viendra dans la Cité de Calvin, une ville internationale qui fut le siège de la Société des Nations et qui est aujourd’hui le siège européen des Nations unies. «C’est une ville habituée au dialogue», ajoute l’évêque pour qui les «relations entre chrétiens ont considérablement évolué». Au sujet du pape, il s’enthousiasme: «Il ne nous laisse pas nous endormir.» Non sans humour, l’évêque rappelle que dans le canton de Genève, «la première opinion religieuse, c’est l’absence de religion» même si quelque 35% s’y déclarent catholiques. En Suisse, la proportion est légèrement plus importante (quelque 40% de catholiques, alors que les protestants sont environ 27%).

La dernière visite papale remonte à 2004. Jean-Paul II avait célébré une messe devant 70 000 fidèles à Berne. Pour sa première venue à Genève, le pape François sera accueilli en grande pompe par une délégation officielle comprenant le président de la Confédération, Alain Berset, les conseillers fédéraux Ignazio Cassis et Doris Leuthard ainsi que le président du Conseil national, Dominique de Buman, et les autorités genevoises. Après discours et service religieux au COE, le Saint-Père donnera une messe diffusée en eurovision en fin d’après-midi à Palexpo devant 41 000 fidèles; 500 cars vont affluer vers Genève, des trains spéciaux vont être mis à disposition par les CFF.

Nombreux défis

Pour la police genevoise, vaudoise ainsi que de France voisine, l’événement va poser plusieurs défis. Le premier est d’ordre sécuritaire. Au vu des tensions internationales, rien ne sera laissé au hasard. Des blocs de béton vont être posés pour protéger les zones piétonnes. L’objectif n’est pas de faire du tout sécuritaire, mais de «préserver une certaine convivialité», souligne François Waridel, chef des opérations de la police genevoise. L’autre grand défi sera la mobilité. Des parkings seront aménagés en amont près de Divonne et à Neydens en France voisine. «Nous allons tout faire pour assurer une certaine fluidité, poursuit le chef des opérations. Mais les infrastructures de Genève ne sont pas prévues pour absorber autant de monde.»

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