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Le pape François a rencontré le président de la Confédération, Alain Berset, le 21 juin 2018 à Genève.
© Peter Klaunzer

Visite

Pour le pape, la terre et l’esprit de Genève

«Faites ce que vous savez faire: désamorcer les conflits», a lancé le pape au président de la Confédération, Alain Berset. Ensemble, ils ont aussi parlé droits humains et multilatéralisme

A l'occasion de la venue du Pape, Le Temps vous propose une série d'articles consacrés à l'événement:

Apparemment, ils ont beaucoup ri. L’entrevue entre le pape François et le président de la Confédération, qui a suivi l’arrivée du souverain pontife à Genève Aéroport, a marqué Alain Berset: «Le pape est impressionnant de sagesse et de force, déclare-t-il en conférence de presse. Pour moi, c’était un moment fort, mais détendu. Car il a beaucoup d’humour.»

Promouvoir la paix, le rôle de la Suisse selon le pape

Et ce malgré la gravité des sujets abordés: promotion de la paix, développement durable, droits humains, migration, réfugiés, importance du multilatéralisme. «J’ai pu constater que le pape connaît l’importance de Genève et de la Suisse sur ces questions. Il met les personnes au centre de la réflexion.» Si le défi humanitaire au Proche-Orient a été discuté, c’est sur des expériences personnelles que François et Alain Berset ont pu échanger. L’un et l’autre se sont en effet rendus au Bangladesh dans les camps de réfugiés rohingyas, minorité musulmane de Birmanie fuyant la violence. L’occasion aussi, pour le président de la Confédération, de souligner que, si la Suisse est active, «elle ne peut agir seule» devant le défi migratoire. Il souhaite une réflexion européenne.

Le président n’allait pas laisser partir le pape sans lui demander comment il entrevoyait le rôle de la Suisse. «Il a réfléchi», souligne Alain Berset, avant de répondre: «Faites ce que vous savez faire: désamorcer les conflits, promouvoir la paix.» Pour le président de la Confédération, c’est la confirmation que le travail de médiation et de bons offices de la Suisse n’est pas vain. C’est aussi l’encouragement à poursuivre un multilatéralisme qui va dans le sens de l’histoire du pays.

Ode à l’Histoire

Histoire encore quand il s’agit de la Garde suisse du Vatican, «une manifestation visible des liens qui nous unissent». Le pape lui a rendu un hommage appuyé, «des mots très généreux». Il a offert au président de la Confédération une gravure représentant le premier commandant de la Garde suisse pontificale, une copie unique sur parchemin d’un manuscrit de la Bibliothèque apostolique du Vatican. De son côté, Alain Berset lui a remis une reproduction d’un tableau du XVe siècle du peintre suisse Konrad Witz, représentant la pêche miraculeuse dans le décor lémanique.

Histoire toujours quant à la tradition suisse du dialogue interreligieux, au centre de la visite papale. L’occasion, pour Alain Berset, d’évoquer devant les journalistes la guerre civile qui mit aux prises, au milieu du XIXe siècle, les catholiques et les protestants. Le général genevois Guillaume Henri Dufour, commandant en chef de l’armée fédérale, l’emporte; plus tard, il sera le premier président de la Croix-Rouge.

Pierre Maudet et la terre littéraire

Un peu plus tôt, sur le tarmac de l’aéroport, c’est d’une histoire plus douce dont il fut question, l’histoire littéraire et affective, en manière de cadeau symbolique. Après les salutations d’usage, «Bonjour Saint-Père, bienvenue à Genève, ville de Jorge Luis Borges», Pierre Maudet, dont c’était le premier accueil protocolaire comme président du Conseil d’Etat, a remis à François un petit sachet en plastique. Il contenait une poignée de terre, récoltée par ses soins au petit matin, sur la tombe du célèbre écrivain argentin, que le pape aimait et avait rencontré. Il repose désormais au cimetière des Rois. «En lui serrant la main, j’ai senti quelqu’un de fort, qui lit les gens. Sa présence et sa façon de faire vont marquer cette journée, quoi qu’il dise», déclare le ministre.

Il rappelle aussi que la venue d’un pape à Genève est un fait rare, dont le premier épisode date d’il y a 600 ans. C’était un 21 juin aussi, de l’an 1418, et le pape s’appelait Martin. «Ça a marqué la population, l’histoire de la ville, cette Rome protestante, cité de l’esprit qui se marque par son ouverture», note Pierre Maudet. Au soir de ce 21 juin, c’est avec la terre et l’esprit de Genève que François s’en retourne à Rome.

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