Dès le début de cette campagne, beaucoup ont affirmé qu'elle était jouée d'avance. Et peut-être bien que c'était vrai. Toutefois, la candidature de Cilette Cretton a bousculé un peu les comportements électoraux et a amené une touche de démocratie dans les stratégies voulues par les partis. Les 25 543 voix (soit 33,3% des votants) qui l'ont soutenue démontrent qu'il y a une place pour l'imprévu, qu'un électorat est prêt à s'émanciper des habituels jeux partisans. Mais cela n'est pas suffisant.

D'une part, il faut se rendre à l'évidence qu'en Valais le vote féminin ne permettra jamais à une femme d'être élue pour cette seule et unique raison dans un système majoritaire. Trop de paramètres – le parti, la région, les intérêts communaux – restent prioritaires dans le choix

de l'électorat, les deux sexes confondus. D'autre part, le profil à gauche de la candidate lui a fermé un électorat qui reste majoritairement à droite.

Mais, et c'est là peut-être un paradoxe, il faut saluer le résultat du socialiste Thomas Burgener, qui confirme la volonté des Valaisans de soutenir un gouvernement pluraliste fondé sur la formule 3-1-1. Même si ce pluralisme tient davantage à une volonté de maintenir une cohésion entre les parties germanophone et francophone du canton. Thomas Burgener devra cependant gérer pendant quatre ans les intérêts pas forcément convergents des socialistes et des Haut-Valaisans.