Le PS montre-t-il lui aussi des signes de nervosité? Il a fait disparaître de son argumentaire, du moins de sa version allemande, le chapitre dans lequel il reconnaît que, là où la charge fiscale est basse, les revenus moyens pourraient aussi être concernés par des hausses d’impôts.

Ce paragraphe a été largement utilisé par les adversaires de l’initiative. Pourquoi a-t-il disparu de la documentation allemande accessible sur le site internet du parti alors qu’il figure toujours dans le texte français? «Ce chapitre a été retiré une fois que le canton de Bâle a montré qu’il était possible de faire autrement. L’argumentaire allemand a été actualisé lorsque nous avons changé le site internet du PS, mais il n’a pas été jugé nécessaire de l’actualiser en français», explique, embarrassé par cette différence, Jean-Yves Gentil, porte-parole du parti.

La ministre socialiste des Finances, de Bâle-Ville, Eva Herzog, a présenté un modèle qui permet d’effectuer le saut à 22% pour les tranches de revenu de plus de 250 000 francs en maintenant la charge fiscale de la classe moyenne basse par des déductions. Ce scénario est devenu la nouvelle bible du PS; il lui a permis de supprimer le chapitre encombrant.

L’argumentaire dit aussi que l’initiative pose un «premier jalon important» pour «atteindre plus d’équité fiscale». Dans ces colonnes (LT du 09.11.2010), Alain Berset a assuré que le PS n’avait pas de «plan secret» visant à imposer d’autres contraintes aux cantons. Pourtant, la NZZ vient de faire ressurgir un «Manifeste fiscal» rédigé en 2009 à l’initiative de l’ONG Déclaration de Berne. Soutenue par le PS, cette philippique réclame de nouveaux impôts (gains en capitaux, successions) et «une harmonisation des impôts cantonaux». Alors? Alors, Alain Berset dénonce un «procès d’intention» et souligne qu’il n’est pas favorable à une harmonisation complète qui imposerait aux cantons des taux d’impôt obligatoires. «Aucune modification ne peut de toute manière se faire sans l’appui de la population», ajoute-t-il.