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Une zone prévue pour le futur parc.
© GIAN EHRENZELLER

Votation

Parc national Adula, les raisons d'un échec

Le projet de parc national entre les cantons des Grisons et du Tessin n’a pas obtenu l’aval des 13 communes nécessaire

Les craintes des restrictions l'ont emporté sur les considérations écologiques: c'est non à Adula. Ce vaste projet parc national, qui aurait dû s'étendre entre les Grisons et le Tessin, n'a pas séduit suffisamment de communes. Sur les 17 villages appelés aux urnes dimanche, seuls neuf ont approuvé ce projet, porté par une alliance d'associations locales, d'élus et d'organisations écologiques. Il aurait fallu obtenir l'accord au minimum de treize communes pour que la nouvelle réserve ne voie le jour en 2018, comme l'espéraient ses artisans. Or huit l'ont refusé, dont Blenio. Le refus de cette localité tessinoise aurait suffit à lui seul à enterrer Adula: son aval était indispensable, puisqu'une grande partie de ce qui aurait dû être la zone centrale du parc se trouvait sur son territoire.

Voir notre grand format: Bataille dans la montagne autour du parc Adula

16 ans de travail à la poubelle

Seize ans de réflexions jetées aux oubliettes: la déception des défenseurs du parc est grande. «Nous nous attendions à des difficultés, mais pas à un non aussi clair», réagit Patrick Walser, de l'association parc Adula. Pro Natura regrette cette «chance gaspillée». Mais l'organisation écologique n'a pas peut-être pas dit son dernier mot: «Les débats publics ont démontré l’émergence d’une minorité forte et active qui souhaite un développement régional durable et respectueux de la nature. Ces voix devront être entendues dans les futurs projets de développement», réagit-elle.

Un parc régional?

Car trois régions grisonnes ont approuvé le parc national: le val Calanca, le Mesolcina et la vallée du Rheinwald. Des discussions auront lieu prochainement autour d'une autre idée, moins ambitieuse: «Nous pourrons peut-être faire un parc régional avec ces communes. Mais il n'y aura pas de parc national, c'est certain», estime Patrick Walser.

Le refus est particulièrement net dans la région de Surselva, avec cinq communes réfractaires sur six. Les promoteurs du parc Adula avaient rencontré dans ces vallées grisonnes une opposition véhémente, incarnée entre autres par l'écrivain Leo Tuor. Dans le viseur des détracteurs du parc national: les interdictions - prévues dans le secteur central, le plus protégé - de sortir des sentiers balisés, de cueillir des champignons ou encore de chasser. A Blenio aussi, le projet s'est heurté à la résistance de la maire de la Lega Claudia Boschetti Straub, qui le jugeait liberticide et ne croyait pas aux promesses de développement économique pour la région.

Lire aussi: Premier obstacle pour le parc national Adula

«Les gens ont voté avec leur estomac et pas avec leur tête. Ils ont eu peur du changement et ont opté pour le statut quo. Pourtant, cette idée est née dans les communes concernées, à l'origine», estime Patrick Walser. Le parc national Adula visait à allier protection de la nature et essor économique dans cette région alpine, confrontée à une baisse du tourisme et à une érosion démographique.

Un cœur de terres protégées

Adula aurait été la seconde réserve naturelle de cet ampleur en Suisse, cent ans après la création en 1914 du parc national des Grisons, en Engadine, premier du genre en Europe centrale. Le concept de ce parc «nouvelle génération» s'articulait sur deux zones, un cœur de terres protégées de 142 km², incluant le haut plateau de la Greina, à 2200 mètres, dans lequel la nature doit avoir la priorité sur l’homme. Et une zone périphérique sur 1108 km², moins réglementée, où l’activité humaine aurait été autorisée. Il aurait reçu une enveloppe de 5,2 millions annuels, financés à 60% par la Confédération, 20% par les deux cantons et le reste par les communes, des institutions et des sponsors.

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