La période de doutes, suscités par les réticences de petites communes jurassiennes ou de milieux agricoles, est révolue. «La réalisation du Parc naturel régional du Doubs, entre Les Brenets et le Clos-du-Doubs, est en marche, on ne reviendra pas en arrière», clame Gisèle Ory, directrice du projet.

Ce jeudi à Soubey, elle brossera un tableau optimiste devant les représentants des communes et des associations qui ont constitué, il y a tout juste une année, l'association du parc. Gisèle Ory obtenait alors un premier succès, impliquant 23 des 27 communes situées dans le périmètre prévu pour le parc. Ces communes ont dû convertir, en juin, leur engagement moral en participation financière, à raison d'un franc par habitant. «Trois quarts des communes ont déjà payé leur dû, se réjouit Gisèle Ory, notamment les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle.

Le projet obtient à présent les appuis des cantons de Neuchâtel et du Jura, qui, sans adhérer à l'association, ont débloqué 30 000 francs chacun. «Comme au poker, nous mettons 30 000 francs pour voir, commente le ministre Pierre Kohler. Nous ferons un bilan dans une année.» Le parc profite également de la bénédiction de la Confédération, de Philippe Roch en particulier qui soutient la motion du conseiller national Didier Berberat préconisant l'adoption d'une loi fédérale en faveur des parcs naturels régionaux. Le SECO entre aussi dans le jeu, attribuant au projet une subvention de 750 000 francs jusqu'en 2005, soit cinq tranches de 150 000.

Gisèle Ory affirme qu'elle parvient à équilibrer ses budgets de 440 000 francs pour l'an 2000 et de 490 000 francs pour 2001, comptant par ailleurs sur 125 000 francs annuels versés par le WWF, initiateur du projet. La directrice n'aura ainsi aucune peine à faire voter, ce soir, un crédit de 300 000 francs, couvert par les budgets de 2000 et 2001, pour réaliser le plan de gestion du parc, instrument fondamental qui débouchera sur une charte.

Si le parc du Doubs sera fonctionnel côté suisse en 2002, il faudra attendre au moins 2005 pour réaliser son éventuelle extension sur la rive française. La réflexion n'en est qu'à ses prémices, un groupe de travail emmené par le président du pays horloger, Denis Leroux, a promis de se retrouver cet automne.