Ce fut, en 1997, une idée novatrice en Suisse: créer un parc naturel régional, sur le modèle français. Région pilote retenue par le WWF: le bassin du Doubs, entre Les Brenets et Ocourt, sur les 70 kilomètres du crochet helvétique de la rivière. Un paysage magnifique. Problème: le WWF a effrayé le monde rural. En 2002, les paysans ont torpillé le programme.

Durant plus de quatre ans, le projet de parc du Doubs a été mis en veilleuse. Il renaît à présent, profitant des impulsions fédérales et d'une subvention de 500000 francs pour 2007 et 2008, couvrant la moitié de son budget. Ses initiateurs entendent fédérer plutôt qu'imposer. Ils ont d'ailleurs choisi un lieu symbolique pour exprimer leurs intentions: Biaufond, sur le Doubs, point frontière par excellence, entre la Suisse et la France, site de connexion des cantons de Neuchâtel, du Jura et de Berne.

L'ambition reste la même qu'en 1997: associer la trentaine de communes des trois cantons dans le projet. Une bonne moitié souscrit au programme, reste à convaincre les réticentes. Notamment dans le Clos-du-Doubs et les Franches-Montagnes. «Bonne nouvelle, annonce le président Gilbert Hirschy, paysan et député Vert neuchâtelois, Saint-Ursanne adhère.»

Les promoteurs du parc du Doubs se sont donné jusqu'à la fin de l'année pour «combler les trous» d'un territoire de 380 km2 comptant 60000 habitants. Et gagner la confiance des agriculteurs.

Pour ce faire, ils ont engagé un nouveau secrétaire général, Martin Liberek, qui ne traîne pas les casseroles de 2002. Il sait que sa tâche est délicate, mais les bases de lancement du projet apparaissent assainies. S'il devait se concrétiser, le parc naturel régional du Doubs donnerait corps à un ensemble géopolitique qui peine à s'unir, l'Arc jurassien.